Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L’escorte - 2


Angélique.

J’avais tout essayé. Invoquer une indisposition à cause de la chaleur, feindre l’évanouissement. J’aurais pu me retrouver avec le bras droit coupé que je n’aurais pu y déroger. Alexandre revenait de mission aujourd’hui et je n’avais nul moyen de l’avertir. Impossible de quitter ces appartements, mon oncle se faisant le cerbère depuis la matinée, heure à laquelle il vint m’informer de notre petit voyage.

Mère était ravie. Ravie de ce dîner organisé, ravie des quelques mots accompagnant le large bouquet de roses que l’on nous déposa de la part de ce Vardes, ravie que j’eusse terminé ma robe. En fait, pour elle, tout se passait merveilleusement bien. Égoïstement, je n’étais pas tout à fait de son avis.

Vardes, outre le fait qu’il ne me plaisait pas, possédait des manières douteuses et des mains trop baladeuses à mon goût. Lors de notre première et dernière entrevue, je les avais sentis sur mes bras et mes cuisses plus d’une dizaine de fois de la soirée ! Et moi qui pensais que ma fuite aurait refroidi ses bonnes dispositions envers moi, que nenni !

Me voici prête par la force des choses. Je portais la robe prévue pour ce dîner, celle faite de tissu doré et léger comme de la soie, mais agrémenté de rubans et de dentelles cette fois et emportais de quoi passer la nuit sur place. Cette option ne me réjouissait guère elle non plus.

Traversant les couloirs, je baissais le nez, peu fière de ce qui m’arrivait. Jusqu’à croiser un petit groupe de dames de cour gloussant, ce juste avant de passer l’une des portes. L’une d’elles ne m’était pas inconnue puisqu’il s’agissait de celle ayant eu l’élégance d’entraîner Alexandre dans quelques jeux de bouche en public. Et d’ailleurs, n’était-ce pas son nom qu’elle venait de prononcer ! Suivant mon oncle jusque-là, je m’arrêtai et reculai même de quelques pas, suivant la conversation.

– Je vous assure, Alexandre de Monllieu m’accorde toutes ses attentions à présent. Je vous le dis, les noces ne sont pas bien loin ! À ce que l’on m’a rapporté, il viendrait chaque jour ou presque afin de m’apercevoir, mais bien entendu, je ne me livre pas si facilement et joue du mystère afin de le faire languir. Il est assurément...

Quoi ? Que disait-elle ? Elle se fourvoyait bel et bien puisque c’était moi qu’il venait voir ! Que le mensonge empâte sa bouche plutôt que de la fourrer contre celle du premier beau parti venu ! Mais alors que j’allais lui signifier son erreur, celle-ci me remarqua et se tourna vers moi, entraînant sa cour personnelle avec elle.

– Tiens ! Mais c’est notre future marquise, se moqua-t-elle insidieusement et devant sa remarque, je n’eus que le temps de hausser des épaules avant que mon oncle me rejoigne et m’entraîne avec lui.

Je n’arrivais pas y croire. Quelle était donc cette manie que de vouloir nous marier à tout bout de champ ! Elle mentait n’est-ce pas ? Jamais Alexandre ne venait ici pour elle. Mais au fond, qu’en savais-je ? Il ne m’avait rien dit de cela. Et ce baiser qu’ils avaient échangé l’autre soir n’avait rien de celui d’une première fois. Je soupirai tristement alors qu’on m’aida à monter dans le carrosse du marquis. Allais-je déjà le perdre alors que je venais tout juste de le retrouver ?