Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L’escorte - 1


Alexandre.

Je n’étais nullement d’un naturel à flemmarder, loin de là. Mais il fallait avouer que la canicule qui frappait Paris avait le don de transformer en une sorte de limace toute personne, aussi énergique soit-elle.

C’est mollement et nos chemises trempées de sueur que nous nous entraînions. Revenant de mission la veille, Aramis et moi-même étions parmi les quelques rares mousquetaires se trouvant sur place, aux quartiers généraux. La plupart des autres, n’étant pas déjà en mission, étant assignés à retrouver un petit groupe de bandits sévissant depuis le début de ce mois dans certains bois situés aux alentours de Paris. Et les bougres devaient être sacrément discrets pour cela traîne aussi longtemps.

– Cela suffit, abdiquai-je à la grande joie de mon mentor et parrain qui lui aussi mourrait de chaud.

Et j’allai sans hésitations me tremper la tête entière dans un baquet d’eau à disposition afin de me refroidir la cervelle. Malheureusement, celle-ci fut déjà tiède, mais diantre que cela me fit du bien.

Je songeai à ma chère Angèle que j’avais du prestement avertir de mon éloignement, j’espérais qu’elle eut bien reçu mon message ou, au pire, se doutât que je fus appelé en mission. Je l’avais prévenue, cela pouvait arriver sans que je n’aie le temps de l’en informer. Mais aujourd’hui, rien ne m’empêchera d’aller l’éveiller de ses rêveries dans les jardins du Louvre et de l’emmener à l’ombre des saules.

Je souhaitais également organiser sa fuite pour quelques heures à la fin de ce mois. Si d’habitude mes anniversaires étaient fêtés en famille uniquement, j’espérais qu’elle soit là, telle ma petite sœur de cœur qu’elle était.

Des pas sur le plancher du balcon au-dessus de ma tête et je vois Aramis lever la sienne vers notre capitaine.

– Vous tombez bien tous les deux, j’ai besoin d‘un volontaire.

– Ce sera sans moi, lançai-je en premier et à mi-voix vers mon mentor, une douce fleur m’attendra dans les jardins royaux en fin d’après-midi.

– Crois-tu qu’il n’en est de même pour moi ? Et il n’est rien de pire que de laisser attendre une dame.

– Décidez-vous ! insistait le capitaine qui descendit finalement à notre rencontre, venant lui aussi se rafraîchir la nuque au baquet.

– Je te propose de tirer cela à pile ou face.

– Entendu, mais avec l’une de mes pièces si tu me le permets. Face et je verrai le doux visage mon amie ce soir, pile, et tu seras pile à l’heure pour ton rendez-vous.

Une pièce quelconque tirée de ma poche s’envola, tournoyant sur elle-même avant d’atterrir dans ma paume. Et comme il était de coutume, termina sa représentation sur le dos de ma main.

– Face ! Navré mon ami.

Angèle m’ayant certainement porté chance comme elle le fit au jeu de Banco, ce sera un jour de repos. Mais je demeurai tout de même à proximité afin de tendre l’oreille.

– Il s’agit d’une escorte à mener jusque chez le marquis de Vardes. Quelques heures à l’aller, une nuit sur place et retour demain matin.

– Et j’imagine que ce marquis craint de rencontrer ces voleurs des bois dont on parle.

– Ce n’est pas lui que vous devez escorter, mais ses invités. Un homme ainsi qu’une jeune femme.

Pensant ma soif de curiosité abreuvée, je laissais mon ami afin de terminer mes dernières corvées pour la journée lorsque celui-ci s’enquit des noms concernés. J’en demeurais sur place.

– Monsieur Grégoire de Valle ainsi que sa nièce.

Ainsi Angélique se rendait chez ce marquis ! Pourquoi cela ? Mais quelle question ridicule. Forcément, cette histoire d’époux a dénicher au plus tôt. Et même si dès le début je fus tout à fait au courant des projets de son oncle et de sa mère, quelque part, je bouillonnais d’apprendre qu’ils en étaient déjà la. Et ce n’était plus faute de cette chaleur.

– Je viendrai avec toi Aramis. Deux passagers, deux escortes, cela me semble plus juste.

Ce dernier n’était pas dupe et ce nom ne lui avait pas échappé. Il se montra beau joueur, ayant perdu l’opportunité d’un rendez-vous galant, il aurait ma compagnie en lieu et place. Quant à moi, m’étant fait le protecteur attitré de mon amie et vu les circonstances, il fut hors de question qu’elle quitte la ville sans moi.