Gaëlle Laurier

Auteur de romances

Découvrez mes univers

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode



Ellipse d’Angèle : La visite de Paris


Alexandre.

Je menai Angèle jusqu’aux quartiers des mousquetaires pour commencer. Les visites de courtoisies étaient tout juste tolérées, mais elle ne causerait aucun souci. De plus, je tenais absolument à la présenter à quelqu’un et je savais pertinemment bien qu’il se trouvait encore là puisque je venais de le quitter.

Il s’entraînait d’ailleurs encore dans la cour. Sa chemise collée par la sueur, il vint malgré tout vers nous alors que je l’aidais à descendre, la tenant par la taille. Ce qu’elle était fine et elle-même légère ! J’espérais qu’elle fut bien nourrie.

– Aramis, je te présente Angélique, mon amie d’enfance. Angèle, voici mon parrain. Aramis, mousquetaire du Roi depuis…

Elle fut enchantée tandis qu’il se fit charmeur, l’honorant d’un baisemain avant de me fixer de sourire de son air taquin, me faisant presque regretter de l’y avoir menée.

– Oh belle lurette ! Bien avant ta naissance, poursuivit-il vers moi avant de se reporter sur elle. Je m’étonnais de voir Alexandre nous ramener une charmante demoiselle, ce n’est pas dans ses habitudes, mais je comprends mieux. Seriez-vous cette petite que nous avons dû chercher à travers tout Paris il y a des années de cela ?

– Oui, à moins qu’il y en ait eu d’autres.

Regrets dédoublés puisqu’ils semblaient déjà s’entendre à me taquiner tous deux. Mais ce n’était pas bien méchant. Y compris lorsqu’elle se hasarda à jouer les enquêtrices, s’informant sur mes états de services. Si d’ordinaire, je n’avais aucune honte, j’accomplissais ce qui m’était demandé sans faillir, je craignais quelques farces de la part de mon parrain à ce propos. J’eus droit à quelques détournements de faits afin de la faire rire et sourire, rien de fâcheux heureusement.

– Par pitié, Angèle, n’en crois pas un mot ou seulement la surface.

Je l’enlevai très vite, amusé malgré tout par leurs péripéties et sa bonne humeur, l’emmenant là où je passais de mon temps jusqu’à la demeure de mes parents dont je lui rappelai l’emplacement, nous tenant malgré tout à l’écart.

Sans doute que ces haltes plus encore que de l’immerger dans mon quotidien me permettaient de me sentir un peu plus serein. Si le destin souhaitait qu’un jour elle se retrouve dans l’embarras, elle saurait où me trouver. Moi ou l’un de mes proches.

Je l’emmenai ensuite en un lieu plus fréquenté, ou un marché tel que celui où nous nous retrouvions étant enfants avait lieu. Pendue à mon bras, m’assurant que je ne risquais pas de la perdre en route, je me risquais à l’emmener devant une étale ployant sous le poids d’une montagne de pommes et lui en offrit deux, comme pour nous souvenir que cette époque, bien que lointaine, je ne l’avais jamais oubliée.

Je la ramenai finalement à temps et un peu à contrecœur je dois dire, la laissant disparaître au détour d’un couloir, mais lui promettant de revenir le lendemain. Ainsi que le jour d’après et ainsi de suite. Ne me lassant pas de sa présence et de sa gaieté même si elle me dissimulait encore de terribles choses, mais elle fit tout pour ne rien me montrer, ne voulant rien gâcher sans doute.

Avec le retour d’Angèle à Paris, j’avais non seulement retrouvé mon amie, mais surtout ma confidente et ma petite sœur de cœur. Celle qui manquait à mon paysage pour être enfin complet.