Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Ellipse d’Angèle : Le sens du devoir


Angélique.

J’avais honte, j’avais commencé par lui mentir, souhaitant qu’il ne s’inquiète de rien. Et par cela même, je l’avais pris pour un sot, imaginant qu’il allait me croire et ne rien remarquer.

Je dû le laisser et rentrer aux appartements du Duc pour le dîner, mais il refusa de me laisser partir avant que je lui aie promis de le revoir, et ce, dès demain. Chose que je ne pus refuser tant je le souhaitais moi aussi.

Comme chaque soir, je m’installai le plus loin possible de notre hôte à table tandis que mère minaudait tout près de lui. Me lançant par moment des œillades d’humeurs changeantes, allant de charmante lorsqu’elle se tournait vers lui à froide lorsque ce fut vers moi. Sans doute que mon oncle lui aura touché quelques mots sur sa découverte. Aussitôt la dernière bouchée, je me faufilai dans ma chambre, mais avant que je ne puisse la barricader de mon lit, elle m’y rejoint.

– Votre oncle est venu me voir avant votre retour de je ne sais où mademoiselle, il m’a également rapporté que vous revoyez ce garçon à qui que je vous avais pourtant interdit de parler. Dois-je vous rappeler que sa famille est à l’origine de notre déroute et de la mort de votre père !

– Non, nul besoin mère.

– Alors je vous prierai de suivre mes ordres ou cela finira mal ! Tâchez d’ailleurs de terminer ce que vous osiez prétendre être une robe, vous allez être invitée par le marquis très bientôt.

– Le marquis de Vardes ? Mais non mère, je ne veux pas de…

Mais ma phrase resta en suspens, préférant laisser la place à la gifle venant la couper. Heureusement, mère ne me faisait pas grand mal, elle n’avait jamais su frapper suffisamment fort pour me blesser. Hormis dans mon amour propre ou afin me signifier que je devais me taire. Celles de mon oncle par contre, étaient tout son contraire. Lorsque l’on avait goûté à l’une d’elles, l’on pouvait aisément se convaincre de passer le reste de son existence à tout faire pour en éviter une seconde.

– Cela suffit ! Préparez votre robe plutôt que d’aller vous humilier avec les ennemis de votre père. Et vous aurez tout intérêt à faire bonne figure devant le marquis.

Elle referma la porte et je m’enfermai comme à l’accoutumer. Je sentais mes joues et les yeux me brûler, mais je ne voulais pas me laisser aller à gâcher cette journée de retrouvailles par des larmes. Qu’il m’invite et je serai alors si peu convenable à ses yeux, si inintéressante qu’il ne souhaitera plus jamais me revoir. C’est ma seule solution. Quitte à avoir la joue marquée, cette fois pour de bon.

Le lendemain, Alexandre revint me chercher comme prévu là où nous nous étions retrouvés hier, mais m’invita à le suivre sans tarder. Ce qui fut judicieux puisque l’on ne tarderait pas à me chercher de nouveau. Filant par l’issue la plus proche, il me fit monter à cheval, derrière lui. J’avoue que je ne savais trop où poser mes mains. Si j’avais l’habitude de monter grâce à Monsieur Lonmour, ce n’était certainement jamais derrière quelqu’un. Je posai d’abord mes mains sur ses épaules, mais il m’invita à m’assurer mieux. Et j’optai donc pour sa taille, me rendant compte que bien des épaisseurs de vêtement masquaient un corps plus frêle qu’on ne l’aurait cru.

– Ou allons-nous sur votre fier étalon monsieur de Monllieu ? fis-je amusée et trop heureuse de m’échapper avec lui, même si cela ne devait durer qu’une heure ou deux.

– Ce fier étalon est une jument chère Angèle, prend garde à ne pas l’offusquer. Elle se nomme Diane.

– Mes excuses Diane, où me mènes-tu donc ? Je dois être rentrée pour l’heure du diner.

– Tu seras rentrée dans les temps, j’y veillerai. Je vais te mener faire le tour de Paris, du moins les lieux que je fréquente. Ainsi, tu sauras tout de moi comme tu m’as tout raconté de toi hier. Prête ?

Si j’étais prête ? Plus que jamais.