Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Ellipse d’Angèle : Dans les jardins - 3


Angélique.

Je m’étais à demi assoupie, le soleil inondant mon visage, bercée par les chants des oiseaux ayant élu domicile dans ces buissons. Il devait avoir un nid à proximité. Mais tous ces gazouillis ne m’empêchèrent pas d’entendre des voix.

– Pourquoi me suivez-vous mousquetaire ?

– Parce que je suis curieux de voir ou vos pas vous mènent cher Monsieur.

– Pensez-vous me voir dérober l’un ou l’autre de ces buissons et m’enfuir avec lui sous le bras ?

– Non, mais vous pourriez être à la recherche d’une fleur dans ces jardins.

Le bruit de leurs pas sur les gravillons cessa et si je reconnus la voix de mon oncle, celle de son interlocuteur me semblait moins probable. Alexandre, un mousquetaire ? Pourtant mon cœur se mit à battre. Différemment des fois où j’eus peur que l’on me retrouve.

– Écoutez-moi Monllieu. Vous êtes bien le fils de Séraphin n’est-ce pas ? Vous avez de ses traits et la même arrogance. Ce qui concerne ma nièce n’est pas votre affaire et je vous prierai de vous tenir éloigné d’elle.

– Et depuis quand suis-je sensé vous obéir au doigt et à l’œil, monsieur ?

Je me cachai le bas du visage des mains, réprimant un sourire. En plus d’avoir grandi et trouvé sa voie apparemment, il avait acquis de la répartie. Il était rare que l’on tienne tête à mon oncle.

– Votre nom et le titre de votre père ne vous donnent pas tous les droits.

– Alors vous devez faire erreur, mon père n’a aucun titre, juste un fils terriblement borné.

Encore une fois, je me retins de rire alors que mon oncle maugréa contre lui. Mais avant de tourner les talons, il me fit perdre ma gaieté lorsqu’il ajouta que l’on comptait me marier très bientôt et qu’il n’avait rien à gagner à tenter de me revoir. J’ignorais pourquoi il se sentait obligé de lui révéler cela. A moins de vouloir définitivement l’écarter de moi. Et comme il n’était pas venu seul, il lança des ordres avant de partir. Sans doute le personnel du Duc. Il en usait régulièrement afin de me retrouver, je n’osais donc bouger de ma cachette.

– Vous recherchez sans doute Mademoiselle Angélique de Valle, se renseigna Alexandre. Si j’étais vous, j’irais voir du côté des cuisines, il me semble l’y avoir croisé tout à l’heure. Comment ? Vous ne me croyez point ? Me traitez-vous de menteur ? ajouta-t-il, les envoyant sur de mauvaises pistes.

J’entendis les pas des deux valets s’éloigner, mais pas ceux de mon cher Alexandre. Malgré cela, j’hésitai tout de même à me montrer. Après tout ce temps, qu’aurais-je à lui dire ? Qu’il m’aura manqué ? Mis à part les années ayant passé, rien n’avait changé. Nos familles demeuraient ennemies.

– Angèle ? Si tu es là, je t’en prie, montre-toi.

J’eus le réflexe de me relever finalement, mais était-ce la position que j’avais adoptée si longtemps qui me fit retomber, mes jambes étaient toutes engourdies.

– Aurais-tu peur de moi ? Ce serait une nouveauté. C’est moi, Alexandre. Nous étions pourtant amis, souviens-toi.

Je me souvenais oui, comment aurais-je pu faire autrement ?

– Alexandre, je suis ici.