Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Tel père, tel fils, la mission - 4


Séraphin.

Je n’étais pas des plus tranquilles, laisser Alexandre partir seul, entouré uniquement d’ennemis de la couronne et donc, de lui-même. Quant à moi, je me devais de faire le tour des lieux en toute innocence. Je me doutais que ce fut fait, mais la mission étant de s’infiltrer afin de permettre de reprendre le manoir et ne sachant comment se finira le voyage de mon fils, je me devais de prendre la relève. J’aurais pourtant tout donné pour partir à sa place, mais cela aurait éveillé les soupçons de son nouvel ami. Je devais avouer qu’il avait bien manœuvré en gagnant à ce point leur confiance cela dit.

Je l’observai par la fenêtre alors qu’ils prenaient la route, le suivant du regard jusqu’à ce que ce ne soit plus possible, l’estomac noué. Décidément cet enfant avait le don de m’étonner un peu plus à chaque fois. Certes, il m’avait caché son retour à Paris et pire encore, ses actions en compagnie des mousquetaires. Pour cela, il nous faudrait en arriver à une bonne discussion. Il était borné au point de me mentir et si j’en tirais tout de même quelques aspects négatifs, force était de constater que ce n’était que pour de louables intentions. Proches des miennes à son âge, servir la couronne. Soit ! Nous reparlerons de cette décision de devenir mousquetaire une fois tout cela terminé.

Le soir tombait et je fus invité à rejoindre la table des compagnons restants, tentant de délier quelques langues à force de bon vin. Les caves en étaient pleines. Lorsque les claquements de sabots sur les dalles de la cour intérieure annoncèrent un voyageur de dernière minute. Je ne pus m’empêcher de craindre le pire, tenant ma main prête à dégainer au plus vite si, selon la pire de mes prévisions, il venait annoncer qu’il était arrivé malheur à la troupe.

L’homme fut invité à nous rejoindre dans la salle à manger, on lui versa à boire afin qu’il reprenne son souffle et ce n’est qu’après avoir vidé deux godets qu’il vint à parler.

– Le campement a été attaqué. Lorsque nous sommes arrivés, il ne restait plus rien.

– Quoi ! Quand est-ce arrivé ?

– Je dirais trois jours au moins, mais ce n’est pas tout ! Je sais qui a fait ça. Où est Monsieur Courval ? Je dois l’en avertir immédiatement, car il s‘agit d’un détachement de mousquetaires. Ils se tiennent non loin d’ici, et m’ont attaqué moi et mes compagnons. J’ai fait mine de rebrousser chemin et pu, par miracle, leur échapper. J’ai pris ensuite par l’ouest pour les contourner et arriver jusqu’ici.

J’écoutai évidemment son histoire, me reculant discrètement vers la porte, car il me sembla dès lors que j’étais bien mal parti. À cela qu’aurais-je pu ajouter ? Que je m’étais trompé de campement ? Que j’avais omis de leur révéler ce léger détail ? À vrai dire, mieux valait tenter de sauver ma peau.

Tous se tournèrent d’un commun accord vers moi, les deux plus éveillés se lançant dans ma direction, sortant leurs lames de leurs fourreaux. Geste que j’imitai sans tarder, faisant également poindre ma lame de ma manche dans l’autre main. De quelques parades rapides, j’en désarmai un, repoussant l’autre tandis que le reste de la petite troupe n’en restait pas de marbre. Je reculai alors vers le couloir, refermant la porte aux nez des plus rapides, les repoussant à l’intérieur avant de filer droit vers la sortie.

Les quelques bruits de fers se croisant ayant éveillé des soupçons, ce fut les gardes déjà énervés qu’il me fallait passer désormais. Tout en tâchant de ne point me retrouver avec mes premiers adversaires dans le dos, je bifurquai dans vers les cuisines. Une bonne idée en soi, du moins par habitude, ce genre d’esquive par l’arrière porta souvent ses fruits. Mais hélas ici, ce n’était pas à un personnel des plus classiques que j’eus affaire, mais à d’autres sbires de Courval. Bien qu’armé uniquement de leurs batteries de casseroles, fouets et autres ustensiles, je pus néanmoins goûter à l’un d’eux. Étant à des lieues d’imaginer le bel impact qu’un tel objet, destinée à cuire et rôtir, pouvait avoir sur mon pauvre crâne.