Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Tel père, tel fils, la mission - 3


Alexandre.

Je me tenais à la droite de François Courval. Il s’agissait d’un homme d’allure fort honnête et totalement épris de ses convictions. À tel point que d’entendre ses discours et ses arguments depuis trois jours me causait quelques remords à vouloir lui causer du tort. J’étais arrivé tout simplement vers eux, au culot, leur signalant que le campement où l’on m’avait averti de leur présence fut toujours en place – quel splendide mensonge – et qu’ils m’envoyaient eux-mêmes, confiants de mon allégeance à leur cause. Je fis ensuite tellement preuve d’intérêt qu’aujourd’hui, il se décidait enfin à me convier leur réunion. Autant dire que j’étais tout ouïe.

À peine la carte repliée sur la vaste table de la salle à manger que l’on vint l’avertir qu’un cavalier inconnu s’approchait. En toute logique, ce ne devait être personne en rapport avec ma mission ici, j’étais donc confiant là-dessus, mais j’accompagnai tout de même ces hommes chargés de l’accueillir.

– Hé ! T’as l’même figure que s’te gamin ! entendis-je à peine passé la porte menant à l’entrée.

Était-ce que de deviner l’identité de celui qui vint à pénétrer en ces lieux et le sermon auquel j’aurai droit une fois qu’il en aurait l’occasion qui me donnèrent quelques crampes à l’estomac ? En cet instant, deux solutions s’offraient à moi. Nier ou confirmer cet air de famille. Je préférais laisser ce choix à mon père pour le coup, ne sachant ce qu’il concoctait précisément.

– J’en conclus donc qu’il serait arrivé ici avant moi.

J’arrivai donc face à lui et pu déceler un profond bien que bref sentiment de soulagement. Celui-ci faisant très vite place à son air de comédien.

– Bougre d’âne bâté ! fit-il en mon endroit. Ne t’avais-je pas interdit de prendre la route seul ? Que serait-il advenu si l’on t’avait attaqué et pris connaissance du message ?

– Un message ? s’interrogea Courval.

– Oui, un message du campement de l’est. Non… ne me dites pas que… Borné et tête en l’air, voilà un bien beau duo mon fils. Heureusement que je sois en sa possession !

– Ah j’savais bien qui d’vais avoir quequ’chose, s’exclama le garde benêt, mais néanmoins fin observateur.

– Père ! Je peux tout vous expliquer, je… Monsieur Courval, pardonnez-moi, fis-je me tournant vers mon hôte, référant ainsi de son nom auprès de mon père. Il est vrai que j’ai omis d’emporter ce message avec moi et de ce fait, je n’ai rien osé vous dire.

Bon prince devant ma mine basse face à cet oubli ainsi que mon père, se faisant de plus en plus offusqué – pour un peu, j’en aurais rit moi aussi – Courval parti dans un rire bien franc, me tapant sur l’épaule et invitant donc mon géniteur à le suivre qu’enfin il lui remettre cette si précieuse missive. J’étais d’ailleurs moi-même étonné qu’elle existe, mais compris assez vite de son utilité.

Père me jetait des regards de temps à autre depuis l’arrière de l’épaule de notre hôte alors que celui-ci prenait connaissance des quelques phrases apposées sur un papier décacheté. Il en fit le résumé auprès des hommes venus le rejoindre.

– Ils préparent une attaque sur Paris et demandent des renforts. Je me rendrai donc là-bas avec dix d’entre nous.

Il nomma ensuite l’un de ses compagnons afin qu’il se charge de veiller sur le bastion durant son absence, distillant également quelques ordres avant de définir qui serait du voyage. Et lorsqu’il en vint à énoncer le nom dernier, c’est avec surprise que je découvris que ce fut le mien.

– Permettez-moi de vous accompagner de même, s’engagea mon père.

– Nul besoin Monsieur, nous serons bien suffisants. Reposez-vous donc. Et puis Alexandre m’a promis son soutien, quelle bonne opportunité que celle-ci.

Je lui souris, me faisant complice afin qu’il ne se doute de rien, mais père semblait plutôt ennuyé.

– Nous partons dans une heure jeune homme.

Une fois de plus, il me fit l’accolade avant de nous laisser.

– Père je…

– Chut ! Plus un mot. Nous réglerons cela à notre retour. Mais je dois te dire que je suis des plus surpris.

– Je suis désolé Père. À nul moment, je n’ai voulu vous offenser ni vous mettre dans l’embarras.

– Je suis bien heureux de l’apprendre, ironisa-t-il en premier lieu. Mais te voilà donc destiné à suivre cette troupe alors écoute-moi bien, chuchota-t-il ensuite. Le détachement situé non loin d’ici compte vous attaquer entre ici et la capitale. Tu devras demeurer prudent et agir en conséquence le moment venu.

Il m’accorda une accolade, m’offrant une sorte de sourire crispé avant de me laisser me préparer.