Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Tel père, tel fils, la mission - 2


Séraphin.

Il ne faisait pas toujours bon de faire profil haut à Paris ces derniers temps lorsque l’on était connu pour être du côté de la régence. Ma vie avait été consacrée à notre Roi, Louis le treizième et aujourd’hui à sa veuve ainsi qu’au dauphin. Par contre, je n’étais pas toujours d’accord avec les décisions de son Éminence le Cardinal. Mais les temps viendront où le jeune Louis sera en âge de régner et je lui serai tout autant dévoué si, par ailleurs, ma santé ne me fait pas défaut d’ici là.

J’avais fait envoyer ma douce épouse ainsi que notre fils au plus loin, dans la terre des Monllieu rachetée et reconstituée depuis. Mon frère d’adoption Raphael et son obsession à ne vouloir que s’enrichir, ayant fait au final de très mauvais placements, il ne lui restait que quelques dépendances ou je lui permettais de loger avec son épouse. Il devait être en rage d’être ainsi dépendant de moi, mais en souvenir de notre père, malgré tous ses défauts, je ne pouvais le laisser dans la misère. Et il n’était pas si mal loti que cela, je vous assure.

Décembre recouvrait d’une fine pellicule blanche les toits parisiens et je me préparais à quitter la ville. À cette heure, il fallait rassembler toute personne susceptible de servir et mes talents s’avéraient utiles. Ma mission était simple, un détachement revenu avec quelques prisonniers eut vent de l’existence d’un groupe de frondeurs ayant établi leurs quartiers sur des terres indûment subtilisées. Je devais donc les rejoindre en compagnie de quelques mousquetaires, pénétrer les lignes ennemies à force de comédie et les renseigner ensuite sur leur nombre, leurs agissements. En fait, tout ce qui aurait pu mener à bien la prise de l’endroit sans que cela finisse en bain de sang. Car en haut lieu, on les réclamait vivants et interrogeables.

Arrivé sur place, je remarquai quelques visages connus et un plus particulièrement, Aramis. J’allais donc le saluer. Celui-ci semblant subitement soucieux de me voir.

– Ne faites donc pas cette tête, j’ai encore de la ressource ne craignez rien.

– Il ne s’agit pas de cela. À vous dire la vérité, nous avons déjà envoyé quelqu’un il y a trois jours de cela à l’intérieur et…

– Trois jours dites-vous ? Alors il a sans doute été pris. Si tel est le cas, je suis étonné que vous n’ayez pas encore été découverts. À moins qu’il n’ait rien avoué sous la torture.

– Je prie chaque jour que ce ne soit pas le cas et je pense que vous n’allez pas tarder à faire de même.

– Et pourquoi donc ? fis-je levant un sourcil.

– Parce que… ne le prenez pas mal Monllieu, il en est ainsi depuis des mois, il vous faut comprendre à quel point il est borné et motivé par l’idée de rejoindre les mousquetaires. Il s‘est d‘ailleurs porté lui-même courageusement volontaire. Celui que nous avons envoyé est votre fils, Alexandre.

Au plus que son discours avançait vers son dénouement au plus que je sentis quelque chose fondre en moi. Mais quel entêté ! Risquer sa vie qui plus est. Je tâchai de garder mon calme, mais je soutenais tout de même mon hypothèse malheureusement. À cette heure, il devait sans doute être emprisonné, questionné ou bien pire encore.