Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Tel père, tel fils, la mission - 1


Alexandre, dix-sept ans.

J’avais donc échoué lors de l’épreuve que mon père voulut me soumettre. Mais je ne demeurais pas pour autant prostré devant son refus. Que du contraire, je n’avais nullement dit mon dernier mot. Bien entendu, j’aurais pu me passer de son approbation, simplement patienter et, une fois atteint l’âge nécessaire, entrer malgré cela au service de la garde des mousquetaires comme je le souhaitais. Mais je n’en aurais retiré aucun honneur que d’aller ainsi à l’encontre de sa décision. Il me fallait sa bénédiction.

J’espérais donc le convaincre d’ici à quelque temps de pouvoir de nouveau juger de ma motivation et de mes capacités. En attendant, je continuais à m’entraîner, apprendre, écouter, réfléchir. J’avais eu l’occasion de passer en revue ce qui m’avait fait faux bond. Et même réussi à convaincre mon parrain, Aramis de me permettre de l’accompagner lors de certaines missions afin de me parfaire sur le terrain. Ne me manquait plus que l’opportunité, le moment idéal pour réitérer mon souhait et dans cette attente, le temps s’était encore écoulé de plusieurs mois.

Entre-temps, Paris était devenu le théâtre d’évènements tels que de multiples rébellions contre les nouveaux impôts levés par le Cardinal. Et, en théorie, j’étais sensé alors me trouver sur nos terres loin de ce tumulte en compagnie de ma mère. Père assurant toujours ses fonctions. Pourtant mère me permit de regagner Paris dans le plus grand secret, allant loger chez les parents de l’un de mes amis, Philippe.

Je pu ainsi accompagner mon parrain sans que père ne se doute de quoi que ce soit. L’automne laissait la place à l’hiver et le but de cette aventure était de dénicher un regroupement de frondeurs situés à bien des lieues de la capitale. Le groupe que je suivais devait s’approcher, prendre position, s’informer sur l’identité des occupants d’un campement que l’on avait signalé comme repère et de faire ensuite le nécessaire, c’est à dire, les mettre aux arrêts et les ramener à Paris. Cela n’avait rien d’une partie de plaisir, la chose pouvant être bien évidemment dangereuse si des combats devaient être menés. Et ce fut bien le cas. Mais de la, de nouvelles informations tombèrent entre nos mains, à savoir que le manoir d’un noble assassiné pour l’occasion renfermait quelques têtes qu’il aurait été bon de voir tomber elles aussi. Si notre groupe se disloqua afin mener à bien la mission et de retourner vers Paris, ceux dont nous étions Aramis et moi décidions de poursuivre vers cette autre voie. Des renforts nous seraient envoyés ensuite.

Notre chance fut que personne ne se doutât de notre présence, mais sans renseignements adéquats sur la disposition des lieux ainsi que les forces l’occupant, intervenir n’aurait été qu’une mission suicide. J’étais jeune, encore inconnu si ce n’est en tant que le descendant des Monllieu et fus donc chargé de m’en approcher. Me faisant passer pour une jeune recrue potentielle, ma mission était tout bonnement d’aller espionner ces messieurs.