Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Docteur Gray

Chapitre 60


– Où se trouve Lugosi ? Le maître ? Il est toujours ici ?

Je du saisir Manon par les épaules et la secouer légèrement afin de la sortir de sa torpeur et qu’elle repose son regard vers moi et non sur le corps au sol. Sans doute avait-elle agi sous le coup de la peur, mais de tuer ne devait pas être dans ses habitudes. Ni même tout à fait dans ses aptitudes, je craignais qu’elle ne craque nerveusement.

– Oui, mais j’ignore où. Dans l’une des chambres peut-être, mais…

La blondasse continuait d’agoniser. Quelques gargouillis étouffés par sa bave, elle fut prise de quelques sursauts douloureux alors que ses nerfs et ses muscles se raidissaient. Bientôt, lorsque ses poumons seront eux-mêmes immobilisés, elle suffoquera purement et simplement. Manon reporta son regard vers elle et je du lui prendre le menton pour la lui ôter de sa vue.

– Ne regarde pas. On doit le trouver et le tuer, fis-je en lui indiquant ma seconde seringue de poison. Il ne me reste que ça, les autres sont des antidotes. J’étais loin d‘imaginer qu’il y aurait trois vampires de cette trempe à éliminer. Viens.

Je l’entraînais jusqu’au couloir et après m’être assuré que la voie fut libre, nous en venions à tenter d’ouvrir les portes une à une. Gardant en tête qu’il restait une vampirette dans les parages. Mais aucune ne céda forcément. À moins de toutes les défoncer et de se faire entendre, je ne voyais pas que faire d’autre.

C’était soit ça, soit fuir et plus les minutes passaient, la villa était silencieuse mis à part nos pas et nos essais sur les issues et plus l’envie de l’emmener loin se faisait pressant. Mais partir sans rien tenter contre le maître me laissait un goût de frustration extrême. Finalement, je lui remis la seringue.

– Écoute, si jamais nous le trouvons tu te tiendras en retrait, il s’en prendra sûrement à moi en premier. Es-tu capable de t’en servir une fois encore ?

Elle me la prit des mains, esquissant un léger mouvement de tête. Je lui confiais ma vie là ! Moi aussi, je devais jouer à quitte ou double. Car une fois la porte défoncée, je m’attendais à voir débarquer les renforts. D’un coup d‘épaule peu discret, la porte trembla, mais fut à des lieues de céder. Un second et j’étais à déjà à deux doigts de me plaindre de l’élancement dans mon côté droit. C’était une véritable forteresse cette baraque !

– Impossible. À moins qu’il y ait une hache planquée quelque part. Mais j’en doute. Viens.

Je l’entraînai avec moi, lui ayant pris la main sans vraiment y songer. Nous devrions tenter les autres pièces de la maison. Et vu le peu que j’en savais sur Lugosi, il était bien capable de s’être aménagé un genre de crypte après tout. À moins de posséder une chapelle, il restait les caves.

Et puis si je me trompais, il y avait le plan B. Le moins honorable. La fuite.

Mis à part la cuisine, tout était bouclé au rez-de-chaussée. Évidemment, il n’y avait pas même un couteau à légumes pour songer à se défendre. J’arpentais prudemment le hall, Manon me suivait pas à pas. Elle m’indiqua ou se situait l’entrée des sous-sols lorsqu’une masse rousse se jeta sur elle, la frappant tout en sommant de se taire. Preuve que nous étions sur la bonne voie, mais en mauvaise posture face à la seconde succube.

La seringue vola au sol en même temps que ma compagne, je lui arrachai la vampire, la tenant par les cheveux afin qu’elle se retourne vers moi. Je pouvais lui résister un tantinet plus longtemps que Manon. À condition qu’elle n’oublie pas le rôle que je lui avais confié. Comme tout bon vampire qui se respectait, elle me mordit à son tour. Il fallait dire que l’autre m’avait déjà un peu saigné et l’odeur de mon sang devait se faire tentant. Parfait, elle ne me lâcherait pas de vue tout de suite.

J’inspirais puis expirai tout en la frappant à la tempe, espérant parvenir à un K.O., mais elle y résista la diablesse. Je ne pus que tourner la tête vers Manon m’assurant qu’elle se remettait du choc qu’elle m’empoigna de nouveau. Une nouvelle morsure, mais bien harnachée comme elle l’était, elle put s’abreuver plus longuement. Je ne souhaitais pas vraiment me mettre à gueuler, encore une question d’ego mal placée, mais là, ce fut plus fort que moi.

Heureusement, Manon eut enfin ce même courage que tout à l’heure et la succube eut droit à un traitement similaire que celui de sa copine. Cette fois, nous n’avions plus de munitions. La porte de la crypte ne pourrait de toute façon pas être défoncée vu le peu de moyens à notre disposition et nous avions jusqu’au soir avant que Lugosi ne se réveille. Il valait mieux que Manon n’assiste de nouveau à l’agonie de sa nouvelle victime, je la tirai avec moi au-dehors.

Un essai infructueux envers l’entrée du garage bien que je m’en doutais et je sortis mon téléphone, l’allumant enfin. À cet instant précis, quelque part Richard devait recevoir le signal et ainsi nous repérer. Il nous avait fallu une bonne heure pour venir jusqu’ici, j’espérais qu’il soit plus rapide à nous retrouver.