Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 43


Debout devant le miroir depuis dix bonnes minutes, je me tâtais vraiment à me lancer ou non. Seul un ado pouvait servir d‘appât et nous avions vu comment cela avait failli se terminer. De ce fait, j’hésitais à me débarrasser de cette barbe et m’y coller, le menton couvert de mousse.

Sauvé par le gong ! Du moins par quelques coups à la porte.

– Occupé ! aboyai-je.

Mais autant m’y faire. Lorsque l’on utilisait d’une salle de bain communautaire, une visite n’était jamais impossible. Ce furent Henry ainsi que Mike qui apparurent derrière moi.

– Reposez doucement ce rasoir Doc. Pas de mouvement brusque ! s’amusa Henry.

– Sérieux, vous alliez la raser ?

– Bon, c’est pour quoi ? Si vous venez pour me convaincre de vous laisser faire les chèvres, c’est non, répondis-je aux reflets dans la glace.

– Je pensais qu’on travaillait tous en équipe.

– Pas avec autant de risques. Et je vous vois venir tous les deux, les pointais-je de mon rasoir neuf, ça n’a rien à voir avec votre âge ou une connerie du genre.

– Nan, c’est pire, vous nous traitez d’incompétents là. Allez Doc, on s’est fait avoir la dernière fois, OK. Mais justement, nous avons compris comment ils procèdent. On a parlé avec Jason et Chris aussi. Déjà, nous pourrions être quatre. Sans compter les filles.

– Les filles ! Ne rêvez pas trop.

– Seriez-vous misogyne docteur ? fit la voix mal assurée de l’une d’elles.

Me penchant un peu, je constatai qu’ils étaient venus tous en renforts à  patienter dans le couloir.

– Je n’en ai vu aucune aux entraînements, pas besoin de chercher plus loin.

– Pourtant, nous sommes parmi les plus rapides, nous pourrions…

Vu le regard exaspéré que je venais de lui lancer, je la coupai dans son élan, balançai ce fichu rasoir dans l’évier et m’essuyai toute cette mousse. J’avais dit non, ce serait non.

 

♠ - ♥ - ♠

 

De violents coups me tirèrent d’un rêve plutôt glauque. Heureusement, il ne m’en restait que des bribes s’estompant jusqu’à ne plus ressentir qu’une impression de malaise. Le tout avant d’être arrivé jusqu’à la porte.

– Alex… ça va pas te plaire.

Ce que j’aimais lorsqu’une phrase commençait par ces mots, c’est fou ! En général, effectivement cela ne me plaisait pas du tout. Et plutôt que de patienter le temps que Victoria venue me tirer du lit ne trouve comment aborder la chose, je lui demandai de me précéder. Si l’on me réveillait à une telle heure, c’était qu’il y avait un blessé.

Rappelez-moi de leur coller une fessée plus tard !

Laura était en larmes dans un coin de la clinique, à première vue à part l’état de choc, elle semblait entière. Chris avait été mis sur l’un des lits, se tenait le bide. L’espace d’une seconde, je crus même que ses entrailles étaient prêtes à se déverser au-dehors.

– On est désolés, Doc… au début cela se passait plutôt bien, mais… ils ont une sorte de chef et…

– Petits cons…

Je me retenais de lui en coller une. Non seulement il se serait braqué et barré d’ici malgré qu’il se tenait le bras comme si l’un des os de l’avant était brisé. Mais devant les filles, il m’en aurait voulu de casser son image de fier petit mec. Mais il ne perdait rien pour attendre.

Mais pire que cela, il manquait pas mal de monde. Je m’occupais du blessé qui en cessait de geindre, à la limite de se mettre à crier. Ce qui fut le cas lorsque je dû le forcer à ôter ses mains de la plaie. C’était moche, profond et la seconde fois qu’il se retrouvait en telle posture.

– Ou sont les autres !

– Dehors, vous inquiétez pas Doc, ils vont bien, mais ça va pas vous…

– Pas me plaire ? Sans déconner…

– On en a ramené un !

Il semblait fier de lui en plus. Un quoi ? Non de Dieu de nom de… ils n’avaient tout de même pas trainé un vampire ici ! Cette fois, ma main claqua à l’arrière de sa tête. Un geste qui me rappelait celui de mon père lorsque je faisais des conneries. Mais lui, il avait un gagné un master.

– Va réveiller Jonah et Lawrence... qu’ils amènent du monde. Vous êtes de purs inconscients !

Mais ce furent les filles qui se désignèrent à cette tâche, craignant peut-être que la baffe ne tombe pour elles aussi. À moins de préférer que Mike reste à la clinique vu l’état de son bras.