Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Docteur Gray

Chapitre 40


Il y avait décidément quelque chose de pas très net avec ces vampires-là et même si j’étais absolument contre le fait de garder des trophées ou autres conneries du genre lors de nos chasses, j’emportai tout de même l’une de leurs têtes d’œuf avec nous. C’était glauque à souhait comme idée, je vous l’accorde.

– Henry ! Mon Henry tu vas bien ?

Laura s’était précipitée vers notre groupe, mais étonnamment ce fut vers le plus blessé des deux qu’elle se jeta en premier et non vers Mike. Tiens, il y avait de l’eau dans le gaz ? Notre molosse tenta d’esquiver la scène, filant vers l’escalier, mais je le chopai par la veste. Avant d’aller ronger son frein ou son os quelque part, je devais d’abord m’occuper de ses morsures. Et éloigner la donzelle qui causait cette légère embrouille.

Manquerait plus que pour des histoires de filles, ils en viennent à se battre entre eux.

– Laura ? Rends-toi utile, porte ça dans le frigo communautaire. Mets-le bien à part et surtout ne l’ouvre pas, lui conseillai-je tout en lui remettant la tête soigneusement emballée dans un sac plastique.

– Heu OK.

Elle s’éloigna donc innocemment et à regret, mais c’était mieux ainsi. Fallait qu’on cause entre hommes. Henry fut placé sur le lit de libre. Son pote allant bouder sur la table à côté, trifouillant les instruments qui s’y trouvaient d’un air absent. Et en avant pour le nettoyage, le désinfectant qui pique et les coutures qui s’imposaient.

– C’est quoi le souci avec Laura ? demandai-je tel le spécialiste des metteurs de pieds dans le plat que j’étais.

L’un tourna la tête vers l’autre qui fit plus la gueule encore. Malgré cela, des deux, c’était de lui que j’eus la première réponse.

– Y’a pas de souci avec Laura, elle a des goûts de chiotte, c’est tout.

– Hé ! C’est moi la chiotte ? Fais gaffe à ce que tu dis! J’ai pas demandé à ce qu’elle me colle. Au contraire.

La fille qui gavait et que l’on finissait par apprécier, je connaissais ça. Mais ici, il était question d’une rivalité risquant de dégénérer.

– Hé ho ! Pas de ça OK ? Si l’on commence à se diviser plutôt que de se tenir les coudes, on va où ? Vous feriez mieux d’en parler tous les trois plutôt que de vous bouffer le nez.

Les deux s’évitaient du regard jusqu’au moment ou l’on entendit un hurlement depuis les cuisines. Suivi d’un « qu’est-ce que c’est que c’t’horreur ». Ah… elle avait ouvert le sac. Au moins, j’avais la preuve que Henry ne mentait pas et que des deux, ce fut bien Mike qui en était le plus mordu… il faudrait vraiment que j’arrête avec ces jeux de mots pourris involontaires moi… puisqu’il se précipita à son secours. Des fois que la tête viendrait à reprendre vie.

– Ne laissez pas s’envenimer les choses, ça ne vaut pas le coup. Trouve une copine, elle te fichera la paix.

– J’aime pas les filles.

– Alors un copain. Attention, ça va piquer.

– Je ne vous ai jamais vu avec une fille non plus d’ailleurs Doc… Alexander.

Il me fit un sourire se voulant attendrissant, mais mué en une légère grimace vu la douleur. Je ne m’attendais à pas à celle-là tiens.

– Je leur porte la poisse. Et puis, sérieux, j’ai douze ans de plus que toi. Je ne suis ni intéressé ni fou. Tu es mineur je te le rappelle.

– Ah bon ! Pourtant vous en faites moins !

Et voilà, c’était reparti, cela ne m’avait pas manqué. Et mon internat, je l’avais fait à la vitesse de l’éclair pour finir avec un diplôme en poche si jeune ? Dans moins d’un mois, je fêterai mes trente ans. Peut-être en me saoulant la gueule dans un coin du parc. Drôlement mature comme réaction. Oui, je sais.

– Chut ! Plus un mot la dessus sinon je te laisse une balafre qui va encore plus plaire aux filles.