Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 34


Difficile de demeurer totalement discret à s’entasser ainsi dans les cuisines. Surtout avec le personnel censé continuer à desservir la salle tout en gardant l’air le plus naturel possible. L’un d‘eux qui s’était montré directement réfractaire à notre présence, menaça d’avertir ses employeurs. Mais lorsque nous l’informions qu’à minuit pile, ce n’était pas la citrouille de Cendrillon qui risquait de débarquer, il se tint à carreau.

– Échangez vos vestes ! Vous allez passer pour des serveurs. Mike, tu les emmèneras à la camionnette.

– Hein ! Tu te fous de moi ? C’est pas parce que je suis le plus jeune qu’il faut me mettre à l’écart ! Hé ! Je sais me battre et mieux que lui ! fit-il énervé tout en désignant Jonah qui lui conseilla de la fermer, légèrement offusqué.

– Parce que tu crois que d’assurer leur sécurité est un travail de gamin ? Bouge-toi le cul !

Mike fit encore le fier en partant, mais il avait compris qu’effectivement je ne me moquais pas de lui en lui confiant cette tâche.

– Bon. Vous, vous occupez des gardes de l’entrée principale, fis-je en désignant les concerner. Vous deux, ceux des chiottes, elles sont pile en face. Je vous conseille de vous répartir les autres, ils sont près d’une vingtaine en tout. Tâchez de ne pas vous retrouver à deux contre un. C’est un conseil. Moi je m’occupe de ce connard en Armani. Jonah, Richard… avec moi ?

– Et comment.

– Richard, je vous en prie, dès que possible, vous arrachez Manon à ce type et vous l’emmenez. Le plus loin et le plus rapidement possible.

– OK.

Il donna ensuite ses propres directives concernant les vampires disséminés dans la salle tandis que je ne faisais que fixer ma proie des yeux. Elle était de taille, je le ressentais tout au fond de moi. Rien qu’a sa prestance, son air confiant comme s’estimant au-dessus de toute chose, cela pouvait se deviner. Lugosi ne semblait pas être bien plus âgé que moi, mais c’était un vampire après tout. Des cheveux longs, impeccables, bien que non attachés, une barbiche travaillée, un sourire de gigolo. Je rêvais à cet instant de lui arracher les crocs un par un avant de le détruire définitivement.

Un œil sur la pendule. Mouvement que Manon eut elle aussi. Minuit moins cinq minutes. Elle m’observa de nouveau, je lui fit un signe de la tête auquel elle répondit. Un peu comme si elle me souhaitait bonne chance, un léger sourire rapidement effacé se dessina sur ses lèvres.

Levé de rideau.

Je sortis des cuisines, récupérai ma batte au passage et la gardai le long de ma jambe tout en avançant vers l’estrade. Je me tenais ainsi entre le buffet et le mur à tenter d’être discret quelques instants encore. Les faux serveurs me suivaient de peu. Certains allèrent se poster là où il était convenu, d’autres portants des plateaux afin de donner le change. Enfin, les flics sortirent leur arme, mirent en joue chacun un vampire et, sans perdre plus de temps, visèrent chacun une tête différente. Coups de feu, hurlements, panique. En une seconde, c’était le chaos total.

– Tous à terre ! ordonna Richard à l’attention de tout ce qui était humain.

Brook tenta de fuir, il tomba maladroitement avant d’être relevé et d’être lancé sans ménagement par l’un des gardes du corps. Manifestement, ils ne tenaient pas à ce qu’il se sauve tout seul. Il glissa sur le dos sur au moins trois mètres. Comme dans un mauvais remake d’un Full Monty vampirique, bien qu’il aurait sans doute préféré que je le compare à Magic Mike, Jonah enleva sa veste et fit sauter les boutons de sa chemise passant immédiatement à sa forme féline. Plongeant à la gorge du plus proche.

Richard vida son chargeur dans un second, quant à moi je visais la tête d’un troisième de mon arme. Lugosi s’agrippa plus encore à sa précieuse source de nectar et la tira avec lui vers les coulisses. Nous laissant le soin de nous débrouiller avec ses gardes rapprochés. Brook en profita pour filer lui aussi à l’anglaise, le suivant au-dehors.

Je ne pouvais me préoccuper de ce qui se passait dans la salle, juste espérer que chacun s‘en sorte entier et vivant. La police se chargeait de rapidement mettre les invités humains en sécurité. Après cela, si ce devait mal tourner pour les changelins, ils étaient leur dernier espoir. Mais contre des soldats-vampires, ils n’auraient pu faire grand-chose bien longtemps de toute manière.

Après avoir porté plusieurs coups enragés sur le garde, à tel point que ma batte fut imbibée de sang, je me dirigeai vers les coulisses à mon tour. Quelques portes déjà ouvertes vers des pièces vides me prouvèrent qu’ils n’étaient plus dans la place. Une grande loge, une plus petite pour les VIP, le bureau de la direction, mais surtout une issue vers l’extérieur, donnant tout à côté de celle des cuisines.

Merde ! Les cuisines ! Mike !