Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 33


Les invités en étaient à l’étape « tous face au podium à boire les paroles du maire ». Champagne à la main bien entendu, histoire de s’enivrer un peu plus. Quelques serveurs slalomaient entre eux afin de remplir le moindre verre vide.

Je me tenais dans l’embrasure de l’issue menant aux cuisines, ayant rapidement dissimulé ma batte sous l’une des nappes des tables du buffet. Et voyant qui se trouvait aux côtés du maître vampire italien, je ne pus m’empêcher de me saisir d’une coupe me passant sous le nez, portée sur un plateau vers la salle. Je la vidai d’une traite.

Manon. Elle portait une longue robe noire fendue et juste au corps. Et… waw ! Enfin bref. Il était surtout de ces détails qui choquent et que je remarquai sans problème. Ce n’était pas elle qui se tenait au bras de Lugosi, mais l’inverse. Mieux, il l’agrippait presque. Elle portait un raz du cou de dentelle, capable de masquer les marques d’un collier à chien régulièrement porté tandis que ses avant-bras étaient couverts de gants montants jusqu’aux coudes. Afin de dissimuler les cicatrices de dents passées et récentes ? Sans doute.

Tout pour donner l’illusion que tout allait bien. Solidarité vampire hein ? Attends que je trouve le moyen de t’enlever la tête du corps et l’on en reparlera.

Et ces gens qui trinquaient et applaudissaient. Que venait-il de dire ? Ah… son « grand ami » allait prendre la parole. Ce qu’il avait à dire, je m’en moquais, ce n’était que du vent de toute manière. J’observais plutôt l’estrade. Deux gardes du corps encore une fois, à peine discrets. Et combien d’autres dans la salle ?

Richard s’approcha de moi et m’indiqua discrètement, faisant comme s’il observait juste la foule, qu’il en était encore d’autres près de l’issue principale ainsi que disséminés parmi les invités. OK. Repérés. Une vingtaine à première vue. Par chance, les cuisines étaient surveillées par ses hommes. C’était donc notre seule possibilité de fuite.

Depuis mon arrivée, la jeune femme évitait de croiser le moindre regard parmi l’assistance, elle ne souriait pas non plus, ni ne semblait vouloir donner le change, demeurant neutre. Et pourtant, elle finit par tourner la tête dans ma direction alors que chacun relevait de nouveau son verre en direction du discours. Bien que maquillée, son teint était blême. Malgré cela, elle était tout simplement magnifique. Je vis sa mine changer du tout au tout, ouvrant de grands yeux affolés. Ce qu’elle pouvait être expressive ! Et sans même bouger la tête, rien qu’avec son regard, elle m’indiqua Lugosi puis les gardes derrière eux puis vers moi. Inutile, j’étais déjà au courant.

Elle m’indiqua ensuite les sanitaires avant de descendre de l’estrade. Lugosi la retenant de nouveau un peu brusquement, ils échangèrent quelques mots puis il la laissa et fit signe à l’un des gardes du corps de l’accompagner.

Si elle souhaitait que je m’y rende afin de lui parler, c’était raté. Je me serais fait repérer malgré le parfum. Se doutait-elle que j’étais moi aussi un changelin ? Mais Richard lui, pouvait s’en approcher, cela semblerait moins louche. Je lui fis signe de la suivre. Ce qu’il fit et revint avec des nouvelles.

– Minuit.

– Hum ?

– Ils préparent quelque chose pour minuit pile, ce sera un vrai massacre. Lugosi souhaite prendre le contrôle de pas mal de choses dans cette ville. De certaines entreprises par exemple. D’après la demoiselle, il est complètement mégalo. Il a fait se rassembler ici tous les réfractaires. Ils ne se doutent de rien et d’ici à trente minutes, ils seront tous des leurs… ou bien mourront.

– C’est elle qui vous a raconté tout ça ? fis-je malgré tout étonner.

– Bien entendu. Elle possède d’ailleurs un adorable petit accent. Alexander… faut la sortir de là, elle était terrifiée.

– Sincèrement j’y compte bien.

Pour un peu j’en aurais presque été jaloux de n’avoir pu l’approcher moi-même, mais avec de la chance, nous allions pouvoir l’arracher à ce maître ce soir.

– Alors il est temps d’entrer en scène.