Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Docteur Gray

Chapitre 32


– Putain ! Tu m’as fichu les boules ! Durant une minute, j’ai vraiment cru que tu allais lui arracher les dents à vif !

Jonah se remettait difficilement de mon petit coup de bluff. Il n’avait pas dû trouver ça des plus amusants. Ou avait-il deviné que si Brook ne se montrait pas coopératif, j’aurais été capable d’aller jusque-là.

– Il fallait qu’il nous prenne au sérieux. Il a peur de Lugosi mais doit nous craindre tout autant, sinon nous n’en tirerons rien.

Je voulais savoir où se planquait Lugosi. Du moins s’il avait des habitudes, des projets, ce genre de conneries. Dans la foulée, je lui fis même promettre d’aider Manon à filer. Mais ça, je n’y croyais pas trop. Le maître ferait pire que de l’édenter s’il osait un truc pareil.

La presse faisait chou gras de nos agissements. Bizarrement, lorsqu’il s’agissait de nous, l’on en parlait. Preuve qu’elle fut bien corrompue. Ce qui me fit bien rire en tout cas, c’était qu’ils n’osaient pas mentionner la présence d’animaux sauvages. Non, nous étions juste des racistes, des détracteurs de la cause vampire. De gros vilains.

Colin Brook tint parole malgré sa peur de Lugosi di Agostino. Du moins, il fit de son mieux, nous indiquant un endroit où il serait possible de croiser ce personnage. Oh peut-être espérait-il que nous nous fassions tous tuer. Qu’il l’ait averti de notre potentielle présence était également à envisager. Mais nous avions été informés suffisamment à l’avance pour que nos professionnels puissent faire quelques repérages des lieux.

Une soirée de charité était organisée. Le but était de classiquement récolter des fonds pour une obscure association d’aide aux victimes de ces crimes atroces proférés depuis des mois. Mouais. Sauf que l’on nous mettait sur le dos dans la foulée tant nos faits divers que ceux des vampires. Passer de lion, tigre ou loup à « bouc » émissaire, ça, c’était ce qui s’appelait de l’évolution !

Certains de nos alliés de la police faisaient partie de la sécurité et étaient dans la place. Nous nous tenions à l’écart, et évitions de nous faire éventuellement repérer à l’odeur. Richard revint une fois le début de la soirée entamée. Il demeurait très prudent en sortant et nous rejoignit.

– Bon, il s’agit d‘une petite sauterie assez anodine en apparence. Mis à part l’italien  et son groupe, le maire et bien évidemment la jeune femme, il n’y a que des humains. Cela m’échappe. Ce ne sont que des patrons, directeurs d’entreprises, quelques professions libérales… enfin, vous voyez le genre. Ils ne sont qu’une cinquantaine.

Le flic pinça les lèvres, soucieusement avant de reprendre.

– Ça pue cette histoire. Nous sommes à l’écart de la ville juste pour un gala à la con ?

– Ce ne serait pas un coup de Brook et de son pote histoire de nous faire tomber dans la gueule du loup ? se renseigna Jonah.

– Je ne crois pas. Tu verrais la tête du maire, il est si pâle que l’on dirait qu’il va gerber à tout moment, il n’est pas à l’aise. Je pense qu’il ne nous a pas vendu.

– Il tient à ses dents.

Mais il avait beau vouloir faire de l’humour afin de se détendre, mon vieux pote n’avalait toujours pas vraiment la chose. Tandis que Richard se taisait cordialement là-dessus, mais il n’avait pas moufté le moins du monde lorsque je faillis arracher l’une des canines de Brook sans anesthésie. À croire qu’il avait dû déjà assister à des trucs pas très propres au cours de l’une ou l’autre de ses carrières.

Lawrence sorti de l’une de voitures. On aurait pu le sentir à des kilomètres à la ronde, même en étant humain tant il empestait le parfum pour femme. Jonah et Mike firent la grimace, quant à moi, je me contentais d’enfouir le nez dans le col de ma veste.

– Ce que tu cocottes mon vieux ! Mais tu veux nous faire repérer ou quoi ?

– Non, justement. C’est une idée de Lydia. Elle pensait que si nous sommes détectables à l’odeur par les vampires, la masquer serait une bonne idée. J’ai amené sa bouteille de parfum.

Notre bon gros nounours sous forme humaine semblait être le plus inoffensif de tous. Mais il fallait le voir lorsqu’il se lâchait. Il était de ceux ayant besoin de libérer de son agressivité naturelle au risque de trop emmagasiner en lui et de péter les plombs tôt ou tard. Comme de balancer malencontreusement sa copine dans une fenêtre. Depuis qu’il nous accompagnait, cela allait beaucoup mieux. Il existait d’étranges thérapies tout de même.

Mais après quelques secondes de réflexion, je lui pris la fiole des mains, m’en aspergeai à mon tour. Le regrettant pratiquement aussi vite, mais c’était pour la bonne cause. J’allais être quitte pour une migraine après ça.

– Je vais avec vous en éclaireur, fis-je. Je me planquerai dans les cuisines.

– Comme vous voulez.

Mais avant, je glissai le bras sous le siège de ma Rover, me saisissant de ma batte de Cricket. Après tout, on n’était jamais trop prudent.