Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 30


Pour la suite, j’avais seulement eu droit à un « ça va pas te plaire » alors qu’ils me laissaient enfin marcher sans aide vers le manoir. Hésitant entre mordre ou fermer ma gueule vu les têtes que l’on tirait sur mon passage. En même temps, Alexander Gray, le docteur en médecine attention. Paie ton charisme ! Celui que Silas Rockwell avait mis à sa place ressemblait plus à un mort vivant qu’à un type censé diriger tout ça. Silas, sincèrement, merci pour ce cadeau empoisonné. De nous deux, tu devais être le seul à y croire.

Les nouveaux que j’avais pu apercevoir dans les jardins étaient arrivés durant mon moment d’absentéisme, mais toutes n’appartenaient pas à des changelins cette fois. Entre les conjoins humains venus retrouver leur moitié, mais également le groupe des anti-partisans-vampires de ce cher Richard qui, même s’ils ne squattaient pas ici, semblaient avoir déjà bien à y faire.

Nous l’ignorions avant tout cela, mais la résistance humaine existait elle aussi. Par contre, s’ils tentaient quelques actions ici et là, ils n’en savaient pas plus sur les vampires que ce que la presse voulait bien en dire et de ce qu’ils avaient pu en voir. À savoir, pas grand-chose. Imaginez la surprise lorsqu’ils ont su pour les changelins. Certains étaient des flics, un ou deux autres d’anciens militaires. Ils disposaient d’une expérience théorique et pratique vachement utile sans être tout à fait aptes à contrer une telle menace. Même entraîné, un humain demeurait faible face à un vampire l’étant lui aussi. Par contre, mettre nos connaissances et nos forces en commun et la… la ça devenait intéressant.

Car cette fois, avec cet apport de gens qualifiés ayant réellement appris à se battre et à agir en situation de crise, on pouvait dire que vraiment les choses allaient se mettre en place. Alors que j’avais cessé d’espérer, tout ce beau petit monde continuait à s’organiser. À moi de me bouger de nouveau le cul. Je ne pourrais sans doute jamais retourner bosser au Valentine’s, j’avais perdu ma compagne, mais j’allais avoir du travail à temps plein ici et loisir de m’occuper l’esprit.

Je déchantai rapidement lorsque l’on me glissa un journal sous le nez après m’être changé. Le gros titre « Solidarité vampire » m’arrachant les yeux encore une fois, mais avec un nouveau gugusse en photo. Colin Brook, l’ex-adjoint au maire. Apparemment Johnson n’avait pas dû se montrer coopératif jusqu’au bout et il avait été remplacé puisqu’à côté de lui, à peine en retrait et l’air d’être posté la comme si cela tenait du hasard, Lugosi di Agostino. Et ce bâtard se tenait au bras de deviner qui ?

– C’est une blague ? Qui a écrit ce torchon ? Monsieur di Agostino et sa… compagne !

– C’est qui cette fille ? demanda Richard.

– Son âme sœur, ne put s’empêcher de répondre Jonah, revenu à ses vieilles habitudes.

– Sérieux ?

– Ne dis pas de conneries. C’est une changeline, une lionne. Elle ne peut pas être avec lui, pas de son plein gré en tout cas. Il l’a enlevée lorsqu’elle était gamine et lui sert pour sa consommation personnelle.

J’étais absorbé par la lecture de l’article. Du nouveau en effet. Le récent maire, du moins son remplaçant, mais c’était tout comme, se posait en victime d’un groupuscule raciste anti-vampires. Appelant tout bon citoyen qui se respectait à intervenir ou à s’en référer aux autorités. De ces autorités dont une partie était de notre côté cela dit, heureusement. À croire que ces crimes passaient réellement inaperçus. Tandis que le « maître » de ces assoiffés, était décrit tel un homme de bien, désireux de solidifier la fraternité humains-vampires, de permettre à ses semblables de survivre sans être un risque. D’ailleurs, ils étaient pacifistes, pensez bien, on l’a tous vu l’autre jour à l’hôpital… Forcément, le monstre, c’était moi. Ben voyons. Cet article ne méritait ni plus ni moins de terminer dans les chiottes.