Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 26


Si certains d’entre nous s’étaient improvisés chasseurs lorsque les vampires avaient commencé à proliférer à Londres, d’autres restèrent des proies de choix. Tout ça parce que leur nature était décidément trop pacifique ou leur côté animal trop faible pour s’en sortir face à ces monstres.

Il y avait dorénavant moins de meurtres à déplorer parmi les changelins. Mais l’on devait avouer qu’ils avaient réussi à effectuer une sorte de sélection naturelle des plus sordides, mais dont le résultat finirait par se retourner contre eux. À savoir que les survivants, les plus forts et surtout les plus motivés se confrontaient de plus en plus souvent à eux. Vengeance, désir d’éradication d’une race néfaste, quel que soit la raison. Retombées de tout cela : les humains prenaient dès lors doublement pour leur compte. Et ceux qui n’en mourraient pas étaient changés à tout jamais.

Le maire Johnson continuait à parader dans toutes les émissions et journaux télévisés. Il évitait toutefois de sourire trop franchement, vous pensez bien. Cette fois, sa campagne « Solidarité Vampire » battait son plein. C’était à m’en rendre malade. Une foule ahurie l’acclamant à la moindre de ses propositions pourries. « Laissons les vivre parmi nous ! Ne retombons pas dans l’horreur d’un nouvel apartheid. » Comme si tout cela pouvait être comparé.

J’éteignis la télé, Lucy blottie contre moi boudant légèrement voulait voir le film qui devait suivre. Notre vie semblait parfois si tranquille dans ces moments-là. Comme si tout cela n’existait que loin dehors, à des milliards d’années-lumière de nous. Rarement à court de ressources, elle vint à embrasser mon torse puis m’enjamba, picora ma barbe ainsi que mon cou. Nul besoin d‘être devin pour comprendre ce qu’elle souhaitait de moi en échange. Mon instinct reprit le dessus, je me redressai, la retournai sur le dos et me fondis rapidement en elle. Moi grognant, elle gémissant. Plaintivement au début, son corps s’adaptait à mes mouvements parfois trop brusques. Jusqu’à finalement me rejoindre dans une jouissance partagée lorsque le plaisir parvenait à calmer mes premières pulsions.

 

♠ - ♥ - ♠

 

Mes gardes à l’hôpital se faisaient à cheval sur la nuit et le matin depuis près d’une semaine. Autant dire que la « valse des patients les plus loufoques et des cas vraiment pas communs »… pardon de me répéter… était à son comble. Je venais à peine de virer une femme de la salle d’auscultation. Je voulais bien avoir le sens de l’humour et l’esprit large, mais de se mettre à poil devant moi avec un air à la prend moi sur le bureau tout de suite… heum… joker.

J’avais mes défauts et non des moindres, mais de baiser tout et n’importe quoi n’en faisait pas encore partie, Dieu merci. Du vent la nymphomane ! Je préférais me coltiner de ceux qui se collaient des trucs improbables dans leur orifice anal. Oui, il y en avait aussi des comme ça et plus que vous pourriez l’imaginer.

Le suivant était un type d’une petite trentaine d’années. Il avait la tête de quelqu’un que l’on avait dû frapper à coup de démonte-pneu et venait d’arriver à l’instant. Sommant que l’on s’occupe de lui. Et comme je n’avais pas trop envie qu’il provoque plus de bordel, je m’en chargeai. Il me réclama un bassin afin d’y recracher un peu de sang dès qu’il fut assis.

– Agression ?

– Ouais. Si on veut.

Depuis son entrée, il tenait l’un de ses bras au plus près du corps et pressait sa veste contre son flanc.

– J’espère que vous êtes un docteur sachant tenir sa langue, fit-il peu confiant et réellement sur la défensive.

Il avait beau vouloir faire le fier, c’était évident qu’il morflait.

– Des menaces ? C’est quoi votre problème ? Les flics ?

– Non, ceux qui m’ont fait ça…

Il ouvrit le pan de sa veste et me laissa le loisir d’observer les quatre magnifiques marques de griffes qui saignaient à son côté. Je connaissais ce type de blessure pour en avoir une moi-même. Pour un peu, nous aurions pu passer notre temps à les comparer. Il avait dû rencontrer de nos potes les vampires. Mais vu qu’il était tout à fait humain, soit il avait appris à courir vite soit il s’était bien défendu. J’étais bluffé et même s’il n’était pas mon genre, il termina rapidement sans chemise. Je vérifiais également qu’il n’ait pas été mordu dans la foulée et fut rassuré.

– Vous devez être ravis par les infos d’hier soir, je me trompe ?

– Ce connard de Johnson ? Et dire que j’avais voté pour lui. Apparemment, vous n’êtes pas très fan de sa nouvelle campagne vous non plus.

– Le nouvel apartheid ? Cette bonne blague. Et vous faisiez quoi pour retrouver dans cet état ?

– Un contrôle de routine à la noix. Je suis flic. Voilà qu’ils s’estiment au-dessus des lois à présent. Et encore, ce n’est pas la meilleure. Parfois je me demande si nos supérieurs ne s’envoient pas quelques prises des stups dans les narines en passant.

– Et c’est quoi la meilleure ? fis-je en toute innocence bien que j’en avais déjà une petite idée.

Mais d’entendre ça de la bouche d’un flic qui semblait y être réfractaire allait peut-être me remonter le moral. J’espérais qu’ils ne soient pas trop portés sur le sens du devoir bien fait et sans conscience si cela concernait la chasse aux changelins.

– Ils nous font rechercher d’autres trucs… des monstres, mais d’un autre genre. Limite si nous n’avons pas le droit de les abattre à vue, pourtant jamais aucune plainte n’a été émise contre ça.

Ou pas. Oui ben « ça », le « monstre » et le « truc » réunis allaient lui coller une sévère d’ici à cinq minutes s’il venait à nous comparer à ces vampires. Il n’était pas bien large, mais devait avoir suivi un entraînement militaire vu sa musculature. Un tatouage m’en assura. Pas de ceux que l’on trouve dans les quartiers, mal fichus. Non un vrai.

– Militaire ? fis-je devant le dessin flanqué d’une lettre. Et le H c’est pour quoi ?

– Observateur. Le H c’est pour Honneur. Non, je déconne, pour Hodgson. Richard Hodgson.

– Alexander Gray, fis-je pour me présenter à mon tour, revenant vers le sujet précédent. C’est quoi exactement ce que vous devez butter à vue ? D’autres types de vampires ?

– Non ! Cette fois, ils sont passés de Bram Stocker au Livre de la jungle. Des gens qui se transforment en bête. Même pas des loups-garou. Au moins ça ç’aurait été classe.

Sans commentaires.