Gaëlle Laurier

Auteur de romances

Découvrez mes univers


En savoir plus

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode




Chapitre 16


Le léger vent provenant du large devait étendre mon odeur sur plusieurs dizaines de mètres pour qui possédait un odorat développé. S’il s’agissait de l’un de ces vampires, non seulement Lucy allait assister à la chose la plus folle qui soit d’ici à quelques minutes, mais également à une autre beaucoup plus salissante.

Là, j’étais mal. Mais elle plus encore.

– Pardon… Alexander je… commença-t-elle alors que cette fois, seul le tronc d’un arbre pouvait me préserver de sa vue.

Si j’avais eu le temps, je me serai amusé à énumérer mentalement tout ce à quoi elle aurait pu penser en me voyant ici. Amateur des bains nocturnes glacés ? Naturiste ? Exhibitionniste ? Simple taré ? Mais nous n’en étions plus à ce stade. Mes os se mettaient en place dans un éclair douloureux et je me penchais malgré moi vers l’avant, touchant de mes mains puis de mes pattes les racines de l’arbre salvateur.

D’un bond, j’étais parti à la recherche de la créature vagabondant dans le parc. J’espérais que Lucy n’avait pu voir que quelques feuilles bouger, mais impossible désormais de lui ordonner de nouveau de fuir d’ici. Je devais trouver ce vampire, mais je restais persuadé qu’il avait dû être tenté de faire de même en premier lieu. Je sentais son odeur à quelques mètres à peine pourtant. Et effectivement, ce fou surgit subitement à ma gauche, tous crocs dehors prêts à mordre. Il me happa à l’épaule, serrant les mâchoires à tel point que je ne pus m’en défaire qu’après l’avoir traîné avec moi sur quelques mètres, l’écrasant plusieurs fois entre moi et un chêne. Y mettant toute ma force. Mais que d’avoir goûté à mon sang ne faisait que l’enrager plus encore. Une drogue, nous étions une drogue.

Je visai la jugulaire. Non pas pour juste le saigner à blanc, mais bel et bien pour lui en arracher le plus possible. Le but n’était rien de plus que de lui ôter la tête du corps. L’herbe sous ses pieds vira du vert blanchi de givre au rouge sombre. Pouah ! Ce que leur sang pouvait avoir un goût dégueulasse ! Je le recrachais tant que je pus alors qu’il tombait au sol, se vidant et hurlant comme un goret.

Impossible à dire s’il s’agissait du second vampire ayant tué Debby ou s’ils se doutaient de quelque chose et avaient envoyé des éclaireurs, mais hors de question qu’il reparte d’ici vivant. Enfin vivant, vous m’avez compris.

Couvrant son agonie, un autre cri, féminin, me parvint. Merde ! Lucy ! Quelle idée aussi de suivre un type la nuit dans un endroit pareil ! Et si cela avait été moi le vampire ? Elle savait pourtant bien que nul n’était plus en sécurité.

Plus elle criait, plus je me rapprochais. Lucy courrait maladroitement le long de la berge, un autre de ces trous du cul à sa poursuite. Il aurait pu la tuer simplement et rapidement, mais ils possédaient cette sale tendance de jouer avec leurs proies. J’arrivai face à elle, la stoppant dans sa fuite. Terrorisée tant de se retrouver coursée par un monstre que d’en voir subitement un autre d’un genre différent surgir devant elle. Couvert de sang qui plus est.

Elle glissa, tomba lourdement sur les fesses et je bondis par-dessus, atterrissant sur son poursuivant. Pour une fois que sa maladresse légendaire pouvait lui être utile. Avec tout ce raffut, si l’on ne nous avait entendus depuis le manoir, c’était qu’ils étaient tous devenus sourds. J’arrachai une partie de son torse de mes griffes alors qu’il tentait de me planter les siennes dans les côtes, les serrant par la même occasion, tenté de m’en briser une ou deux.

Mon rugissement déchira de nouveau la quiétude déjà bien malmenée de la nuit. La quatrième droite venait de céder et contre toute attente, celui que je n’avais pu achever nous rejoignit. Replantant ses crocs dans l’épaule. Décidément il ne savait pas viser celui-là, le cou c’était juste un tantinet plus haut ! Gros crétin !

Ça n’avait rien à voir avec les clients du club, ceux-là étaient entraînés. Cela signifiait donc qu’ils étaient organisés. Une côte brisée, perte de sang évidente, douleur, vertiges. L’un dessous me tenant toujours, l’autre dessus, agrippé comme une moule à son rocher. De nouveau je poussai un rugissement, il me fallait un coup de main et vite !

Une masse blanche s’abattit en premier sur celui du haut, l’emportant avec lui dans sa chute. Une autre masse, c’était tout ce que je pouvais distinguer vu mon état, faite de rayures orangées arracha la tête du second. Tandis que je perdis conscience après avoir entendu quelques voix bien humaines et paniquées demander si la fille était vivante.

La fille était-elle vivante ?