Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 13


Je restai au manoir jusqu’au matin. La nuit, une fois de plus avait été courte. Mais nous étions mercredi et demain, c’était jour de pause ! Mais aussi jour de pleine lune à se trouver un coin et attendre que ça passe. À moins d’aller se dégourdir les crocs quelque part, mais contrairement à la lionne, je ne faisais pas de la discrétion une option.

– Voilà bonhomme !

Un gamin d’environ huit ans avait été amené par une éducatrice de son école pour quelques points de suture à la main. Si, au départ, il grimaçait prêt à pleurer, lorsqu’il vit l’œuvre d’art terminée, ce fut comme un éclair de fierté qui s’immisça dans ses yeux. Ah les gosses !

– Cela ne te fera qu’une cicatrice à peine visible. Tu peux y aller.

– Ah bon ? On la verra pas ? Moi qui voulais la montrer aux copains, fut-il déçu.

– Je peux rouvrir et écarter un peu les chairs si tu y tiens, fis-je tout en me saisissant de l’un des scalpels posés tout à côté.

– Non ça ira ! Merci docteur ! fit-il tout avant de sauter prestement en bas de la table d’auscultation et fila rejoindre son accompagnante.

Évidemment, je plaisantais.

– Vous savez y faire avec les enfants.

Ah ! Lucy et son sens de l’admiration particulier et sans bornes. Il faudrait qu’un jour que je me décide à lui demander ce que j’ai bien pu lui faire – ou ne pas faire – pour qu’elle me colle à ce point. Mais cette fois, elle allait m’être un peu utile.

– Vous avez gardé cet article parlant de la lionne en liberté par hasard ?

– Non, mais je peux vous le retrouver.

– Bien, faites donc. Ça vous occupera un peu.

Je profitai de l’heure de midi pour monter voir Lydia qui nous était arrivée amochée quelques jours auparavant. Non seulement j’étais curieux de connaître l’évolution de son état de santé, mais également celui de son couple.

– Oh lui, je ne veux plus jamais le revoir ! eut-elle pour réponse à propos de celui-ci

– C’est vraiment lui qui vous a balancé au travers de la fenêtre ? Il nous a avoué que c’était de sa faute.

– Oui, bredouilla-t-elle, embarrassée. Et en même temps non. En fait, il…

Il se transformait en ours polaire de temps en temps, surtout s’il était excité et peu habitué à gérer son instinct ? Tu m’étonnes. Elle était arrivée ici en petite culotte, si je n’étais pas tombé juste, qu’est-ce que cela pouvait être d‘autre ? Quant à lui, il avait besoin de faire un tour au manoir Rockwell pour apprendre à rester zen.

– Il ne l’a pas fait exprès. En tout cas, il tient à vous. Réfléchissez-y. Et si vous le revoyez, demandez-lui qu’il me contacte, je connais quelqu’un qui peut l’aider à « canaliser » ses pulsions.

– Parce que vous savez ce qu’il… ce qu’il est Docteur ? Il vous l’a dit ?

– Je ne vois pas de quoi vous parlez, mentis-je honteusement.

Et elle n’en crut pas un mot. Mais elle se risqua tout de même à poser la question fatidique de circonstance.

– Vous aussi docteur ?

– Moi ? Non. Je ne me suis jamais tapé d’ours polaire, répliquai-je juste avant de sortir afin de reprendre mon service. N’oubliez pas de lui en parler. Bonne journée.