Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 8


« Le Docteur Gray est attendu en salle B, le Docteur Gray. Salle B. »

Oh bon sang, je n’avais fermé l’œil que dix minutes !

Je m’étais assoupi sur une table d’examen en douce, entre deux patients. Fichu vampire, il m’avait fait cavaler avant de l’avoir. J’avais été obligé de me transformer pour pouvoir le rattraper. À croire qu’il s’était entrainé pour le marathon. Heureusement, le résultat était là. Un de moins. Mais ils étaient comme les cafards. Plus l’on en tuait, plus il en venait.

Dans le coltard, je me redressai et frottai mon visage avant de rejoindre cette satanée salle. Oh entendons-nous bien, j’avais beau râler, j’aimais mon travail. Juste que là, j’avais besoin de récupérer un peu. Et ô joie, Lucy était déjà devant la porte, en pleine forme à m’y attendre.

– Qu’est-ce que c’est cette fois ? demandai-je tout en prenant le dossier qu’elle me tendit.

– Morsure de lion !

Je faillis avaler de travers, stoppant net. Elle me rentra d’ailleurs dedans avant de se reculer rapidement et d’adopter son air désolé.

– Pardon ?

– Vous n’avez pas entendu aux infos ? Il y a un lion en liberté dans les rues de Londres et pourtant aucun zoo ni cirque n’en a perdu un. La police le recherche partout. C’est fou non ?

Fou ? Ce qui était fou c’était de m’être fait voir. Et plus fou encore que l’on m’accuse d’avoir mordu quelqu’un d’autre que cette ordure au sang-froid. Je m’en serais souvenu tout de même ! Et je pouvais le jurer, il n’y avait aucun changelin lion dans la capitale et ses environs à part moi depuis la mort de mon père. Non, aucun.

J’entrai. Le patient était un homme d’âge moyen qui ne me disait rien du tout. Arthur Knight, ouvrier.

– Monsieur Knight ? C’est arrivé cette nuit ?

– Oui ! Vous n’avez pas vu les infos ?

Je me tournai vers Lucy Miller puis revint vers lui, me demandant s’ils s’étaient tous donné le mot.

– Non, soupirai-je, me sentant agacé. Montrez-moi ça.

La blessure ne semblait pas aussi profonde que ce à quoi je m’attendais et ne s’étendait que sur une petite portion de son avant-bras. Une large mâchoire, c’était évident, mais…

– Vous me prenez pour un con ?

– Quoi ? Comment ça ? sua l’ouvrier.

– C’est une morsure de chien ! m’emportai-je, me sentant soulagé malgré tout. Un lion, même jeune vous aurait arraché bien plus que cela tandis que la morphologie n’est pas la même. Rien que la taille des crocs… Vous cherchiez quoi ? Une interview dans le journal de 20 heures ?

Je terminai les soins, lui fit les sutures indispensables et passai au prochain. Une morsure de lion, j’allais leur en donner moi des morsures de lion. Toujours serviable, Lucy m’apporta le Herald ou l’on voyait la bête en première page. Aux aguets, magnifique, à la robe claire. Mais ça, ce n’était pas moi, c’était une femelle.