Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Docteur Gray

Chapitre 7


– Allô ? Urgences du General’s hospital ? Docteur Gray du Valentine’s. Il se peut que le dossier de l’un de nos patients soit chez vous. Son cas est critique, il est dans le coma, mentis-je. Mais il possède une blessure récente. Donc s’il a été soigné par l’un de vos services, vous pourriez peut-être me fournir ses coordonnées ?

Je passai chaque minute de libre le lendemain au téléphone à tâcher de retrouver les types qui s’en étaient pris à Debby. La connaissant, même si ce devait être la dernière chose dont elle fut capable, elle en aurait certainement molesté un. Ne fût que pour lui laisser un souvenir.

Finalement, ce fut dans une clinique un peu pourrie de l’East End qu’on me confirma une morsure d’hermine au visage. Et apparemment, le type n’avait pas dû être très aimable puisqu’ils me signalèrent que l’on pouvait bien se le garder. Au fond, ça m’arrangeait.

Le soir même, j’étais devant l’immeuble de cette crevure dans ma vieille Rover 25 noire. Il n’allait certainement pas manquer de sortir faire sa petite promenade nocturne. Sans compter qu’il avait peut-être les crocs.

Je surveillai le sens du vent, détail important si je ne voulais pas me faire remarquer à l’odeur. Pour une créature à l’odorat aiguisé, nous devions en avoir une particulière bien que chacun d‘entre nous l’avait différente selon sa nature animale. Ah ! C’est vrai que je ne vous l’avais pas encore dit. Je suis un changelin et absolument pas fier de l’être. À tout vous dire, cela me pourrit royalement la vie depuis toujours. À commencer par provoquer la séparation de mes parents lorsque je me suis transformé pour la première fois, j’avais six ans. Mais là n’est pas le sujet.

Les changelins avaient une particularité. Oui, comme toujours, il fallait que nous en fassions plus que les humains, c’était dans notre nature, mais là, on s’en serait bien passé. Notre sang. Si les humains passaient pour le quatre heures idéal, nous étions le dessert. De ce fait, lorsque l’un d‘entre nous se retrouvait dans leur ligne de mire, ils ne le lâchaient pas facilement.

Ce devait faire un peu plus d’un an que le premier vampire avait mis le pied sur le sol britannique. Était-ce parce notre espèce proliférait plus particulièrement sur ces îles ? Parce que les capitales en regorgeaient ? Depuis des lustres, les changelins se fondaient parmi la population. Certains se mariant même avec des femmes, comment serais-je né sinon à votre avis ? Et je devais dire que sans ces saletés, nous aurions pu encore vivre tranquillement longtemps comme ça.

Rapidement, les premiers meurtres eurent lieu. Au début, l’on prit ça pour des crimes commis par quelques allumés puis l’on cria au serial killer. Et enfin, plus récemment, voyant les marques spécifiques sur les cadavres en plus des vidéos de surveillance ayant capté certaines chasses, ce fut aux vampires de prendre définitivement la relève dans les médias.

Se sachant en première ligne de mire, quelques changelins s’étaient alors regroupés afin de ne pas être pris au dépourvu et mirent en place une sorte de résistance passive tout d’abord. A la base, trois hommes. Silas Rockwell, notre Bruce Wayne local pour ce qui était de sa tendance à faire justice et ses rentes confortables. Gabriel O’Brien, un vétérinaire plongé très vite dans la confidence. Et enfin mon père, John Gray. Le changelin de la bande, un lion lui aussi. Tous trois amis de longue date.

De là à mener de véritables actions commando défensives, cela n’avait pas mis bien longtemps. Pourtant notre espèce était on ne peut plus pacifique à la base. Mis à part les soirs de pleines lunes ou nos instincts et notre forme animale prenait le dessus, sans trop nous demander notre avis d’ailleurs. Mais depuis ces évènements, quelques solitaires dont Jonah avant qu’il ne rejoigne le trio et moi-même chassions dès que nous repérions l’un de ces tueurs.

Ma première proie fut celui qui tua mon père. Ce fut le déclencheur.

Le voilà enfin qu’il sortit de chez lui quant à moi je quittai mon véhicule. Sens du vent ? Parfait, je l’avais toujours de face, je me mis à le suivre.

Debby avait été retrouvée près du lac. Inutile de préciser lequel, celui de Rockwell. C’était sur les dizaines d’hectares de sa propriété que se rassemblaient les changelins regroupés. Son manoir, excusez du peu, servant de QG. L’on se serait cru dans X-men. Manquait plus qu’ils en fassent une école et… mais attendez ! C’était un peu le cas au fond ! Salle de sport pour s’entraîner, diverses chambres, salle des opérations. Sauf que notre Silas-Charles-Xavier avait encore tous ses cheveux et n’était pas un changelin.

Apparemment, le vampire s’y rendait. Etait-ce qu’il se surestimait ? Ils étaient tout de même une cinquantaine à y vivre. Ou voulait-il s’y approvisionner de nouveau ? J’aurais pu le laisser aller se faire tuer... Oui, enfin, se faire re-tuer là-bas tout seul, mais vous savez, je n’avais déjà pas beaucoup d‘amis alors si l’on m’en tuait une, ça avait le don de me foutre en rogne.