Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 13


Amandine revint, rêveuse à sa chambre, passant ensuite une grande partie de la matinée dans cet état sans quitter son lit. La porte menant sur le balcon, grande ouverte, lui permettant de capter tant le bleu du ciel que de l’eau. Bien qu’il fut tentant de les confondre. Mais le seul bleu qu’elle voyait encore était celui des yeux du jeune homme de cette nuit.

Son portable situé tout à côté de son oreiller, elle scrutait le moment ou il l’appellerait.  C’était le moment fatidique. Cet Alex au nom imprononçable s’était comporté en parfait gentleman et, décidément, lui plaisait beaucoup. Mais si ce fichu téléphone ne daignait pas sonner de la journée, c‘est qu’elle n’avait été qu’un moment agréable pour lui et tirerait la tronche une bonne partie du séjour. Sinon…

Il avait rejoint son cabanon, se sentant comme le dernier des imbéciles. Elle était la, allongée contre lui, ne rechignant pas à le laisser glisser ses mains la ou son instinct primaire le lui dictait, prête à se donner, et lui… lui… avait eu – et heureusement d’ailleurs – un véritable pet de cervelle au bon moment. S’étant rendu compte d’un détail. Un tout léger détail. Surtout pour quelqu’un sorti uniquement dans le but d’emballer une riche touriste et de potentiellement finir la nuit avec elle. Trois fois rien. Il n’avait pas de préservatifs sur lui ! Il n’était d’ailleurs pas même sûr d‘en avoir quelque part dans sa cahute. Oh il avait du certainement passer pour un homme patient, respectueux et tout le tralala, mais en fait, il s’était surtout rendu compte de ce souci, préférant détourner l’attention et de finalement se montrer sage.

Les coudes posés sur le comptoir, ayant malgré tout ouvert comme d‘habitude dans la matinée même s’il ne lui restait que quelques bouteilles de limonades et d’eau préservées du massacre, frustré comme pas possible d’avoir du dormir avec un chapiteau de cirque monté dans le pantalon, il se demandait à présent comment se sortir de son impasse financière.

Un prêt ? Ça ne réglerait pas le problème des trois brutes. Encore fallait-il que ce soit accepté. Avertir la police ? La bonne blague. Tout plaquer ? OK, mais ensuite ? Plus de boulot ? Trouver un job de barman autre part ? Au fond, il en avait soupé de cette île. Comme quoi, il ne faut jamais confondre tourisme et immigration. Il l’avait appris à ses dépens et s’était retrouvé plutôt coincé là

Il jouait depuis quelques minutes avec son téléphone. Se demandant s’il était tout à fait judicieux de téléphoner à cette fille vu ce qu’il envisageait de retenter encore une fois au final. Soupire. Numéro. Allô ?

– Salut ! J’osais pas t’appeler plus tôt vu l’heure ou tu es rentrée. Bien dormi ? Rêvé de moi ?

– Comme un bébé et toi ?

Il se retourna une seconde, voyant les restes du bordel engendré par Brute numéro Trois. Il avait bien évidemment nettoyé ce qu’il avait pu, mais ce n’empêchait pas qu’il avait bien saccagé tout l’intérieur.

– Pas mal.

– Tu sors ce soir ?

Dilemme. Il ne pouvait dire oui même si c’était tout à fait vrai et risquer de mettre ses plans à l’eau. Le voilà à mentir dès le premier jour, tu parles d’un gentleman. Ni même de sortir au même endroit. À moins qu’elle ne lui assure qu’elle ne s’y rendra pas.

– Heu non. Enfin si, mais chez des amis. C’était prévu depuis un moment, c’est à l’autre bout de l’île.

Il se frappa plusieurs fois le front de son appareil, dégoûté de lui mentir encore.

– C’est quoi ce bruit ?

– Oh heu c’est rien. Mais on peut se voir tout à l’heure, cet après-midi à la place, ça te dit ? Mais je suis toujours aussi fauché que la dernière fois.

– Pas grave, c’est moi qui paierai la glace.

– Oh je dois te laisser, un client. Sois en forme.

 

Il raccrocha, sourit bêtement à l’écran affichant une photo du boulevard du Rochechuart à Montmartre, son ancien quartier qui lui manquait franchement depuis ces derniers mois et accueillit sa première cliente de la matinée. Et quelle cliente ! Le genre de poupée blonde quadragénaire dont sont friands ses amis sanky-panky en général. Valérie Lenfant.