Gaëlle Laurier

Auteur de romances

Découvrez mes univers


En savoir plus

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode




Chapitre 11


Comme le disaient les gens de l’île, l’ambiance se faisait caliente. Alex s’approcha de la piste, perdant en route toutes ses résolutions naissantes à se laisser aller et d’être « gentil » avec l’une de ces riches touristes. S’avançant sans se détourner vers Amandine, la fille à la glace gâchée, sans doute de toute la plus improbable pour ce qui était de se faire du fric. Il capta son regard d’un sourire. Sans pour autant cesser de se déhancher, elle lui indiqua le pansement barrant son nez et lui sourit en retour. Le volume particulièrement élevé aurait dû être un frein, mais elle s‘évertua tout de même à lui parler, l’obligeant à se rapprocher, se pencher même jusqu’à respirer son parfum au cou de la jeune Parisienne.

– Ça te fait mal ?

– Non ! Seulement quand je respire !

Elle pouffa de rire et il la trouva subitement adorable. Et dire qu’il n’avait même pas encore bu la moindre goutte, tout pingre qu’il se devait d’être ce soir. Ce devait être l’ambiance, la chaleur, ces corps entassés, le lâcher phénoménal de phéromones en ébullition. Mine de rien, cela semblait les influencer tous deux malgré qu’ils y furent tout autant réfractaires l’un que l’autre au départ. Il lui revint en tête l’expression « femme qui rit… », mais il n’en était pas encore la. Ou si peu.

Ses amis l’observaient, deux depuis le bar, un autre tout à côté. Oubliant pratiquement ce qu’ils étaient venus faire la eux-mêmes. Se demandant s’il aura ferré une riche jeunette – en quel cas, ils seraient verts de jalousie, ce qui risquait de faire un drôle d’effet avec leur bronzage naturel –, en un autre cas, il allait tout simplement gâcher sa soirée avec elle. Mais cela, ni Alex, ni Amandine ne penseraient sans doute de même demain.

Un simple geste et leurs mains se joignirent. Il la fit tourner sur elle même, rire de nouveau. Non, cette fois, il était mordu, c’était fichu pour le reste.

Amandine se perdit dans ses yeux pochés, se demandant tout de même de quoi il aurait l’air avec une tête moins amochée. Elle n’avait pas vraiment pu le voir plus tôt, son visage était en sang et à demi caché la plupart du temps par ses mains ou son mouchoir. Mais ça lui donnait un genre, c’était certain.

Nouvelle ritournelle, mais a cent quatre-vingts degrés seulement cette fois, il  se cala dans le creux de son dos et, cette fois, elle ne protesta pas comme elle l’avait fait avec Diego. Au bar, c’était sifflements et gestes d’encouragements à peine discrets. Il emballait le petit français et vite en plus ! Juan se vantant même autour de lui de lui avoir tout appris, preuve de son savoir-faire sans faille.

Tous deux se laissèrent prendre au jeu, les mains d’Alex se perdant sur les hanches de sa partenaire, elle-même pressant le haut de son dos contre son torse, allant même jusqu’à caresser la joue du jeune homme, mal rasée, mais qu’importait, il faisait bad boy, il était sexy. Elle avait oublié la marâtre verdâtre ronflant quelque part au-dessus de leurs têtes, oublié la cow-girl et son rodéo absurde sur les cuisses de son ex.

– Donne-moi ton cœur, baby. Ton corps baby, chantait-il au creux de son oreille, répétant les paroles de la chanson passant alors.

Tandis que lui même, lui volant un demi-baiser, ne se souvint plus du cabanon pillé, de sa gueule cassée, de la raison de sa présence, du pognon que l’on viendrait lui réclamer tôt ou tard. C’était con pour lui parce que ses créanciers autoproclamés, eux, n’oublieraient pas.