Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Sanky-panky

Chapitre 10


Alex ne se permettait pas souvent de sortir en boite, ce gouffre financier, il n’en avait pas les moyens. Mais cette fois, il s’était laissé tenter. Surtout par les boniments de trois loustics, Juan, Junior et Diego. À eux quatre, ils faisaient une belle brochette même si au centre de ce petit groupe, son teint de français même aussi bronzé qu’il l’était de vivre et travailler sur la plage faisait vraiment cachet d’aspirine. Sans compter le côté musclé, l’un d’eux, Diego, semblait carrément sorti d’un club de gym, les deux autres étant plus fins tout comme lui. Ajouter à cela qu’il portait un pansement lui barrant le nez, il se demandait plus encore ce qu’il faisait la, à perdre son temps et le peu qui lui restait.

– Ça ne va jamais marcher, continuait-il à affirmer, pessimiste. Et je vais y laisser le reste de mon fric, je me tire.

Mais Juan le retint, le retourna vers le bar et l’y poussa avant de l’asseoir sur le premier tabouret à portée.

– No ! Investment ! Bandage make you… cómo decir… Bad boy ! You look like a bad boy. Femme aimer ça.

Il en fallait plus pour le convaincre. En attendant, il se mit pourtant à scruter les alentours et haussa un sourcil. Sérieusement, où l’avaient-ils emmené ? C’était pourtant la boite de l’hôtel à proximité de son bar et l’ont aurait juré qu’il s’agissait d’un club pour couguars. Une ou deux le reluquaient déjà de haut en bas, lui lançant quelques regards pleins de promesses. Il avait cette étrange impression d‘être tel un appétissant morceau de viande exposé sur un étalage de persil. Hésitant entre se sentir flatté ou outré.

Diego moins farouche que lui s’était déjà avancé sur la piste. Immense et bondée à la fois, chacun gesticulant, c’était à qui aurait les mouvements les plus suggestifs. Mais lui semblait se sentir comme sur la place d’un marché empli de produits de luxe. Se laissant approcher de l’une, toucher le torse par une autre.

– Et sérieux, ces femmes dilapident leur argent juste… comme ça ? Pour passer du bon temps ?

– Femme paient à boire, sometimes go to bed with her for money. Mais pas toujours marcher tout de suite, toi dois être gentil avec elle avant.

– Oh la vache… voilà qu’il veut que je joue les gigolos.

– No ! Pas gigolo ! insistait Juan, mais rien n’y fit.

Le jeune dominicain avait beau voir les choses comme étant une opportunité à saisir et rien d’autre, Alex, lui ne s’y faisait pas. Pourtant, à l’entendre, il avait la de quoi racheter ce qui manquait en réserve et peut être même payer ces crapules. Mais était-il prêt à se vendre à ce point-là. Pour ce qui était de l’intérêt, il comprit qu’il en suscitait, tout étonnant fut-il. Encore fallait-il que ce soit réciproque.

Et puis il y eut ce moment ou, entre deux danseurs, il aperçut une robe blanche qui ne lui était pas inconnue. Il se redressa subitement et sans s’en rendre compte, cherchant à s’assurer qu’il avait bien vu. Le morceau en cours laissa place à un vieux tube français et quelques couples quittèrent la piste lui laissant le champ libre. Pas de doute, c‘était bien la fille à la glace de tout à l’heure.

Parmi les plus jeunes présentes sans doute, se fondant malgré tout parmi toutes les autres. N’étant ni plus exceptionnelle, ni ne dansant spécialement mieux ou plus mal. Juste qu’elle attisa son intérêt. Sans doute de l’avoir déjà croisée plus tôt. Diego s’approcha d’elle, venant poser ses mains sur ses hanches par derrière, mais elle s’y subtilisa sans faire d’esclandre, lui faisant non d’un mouvement de l’index.

– Pas rester sur place, faire comme Diego, Go dancing, lança innocemment son ami de ce soir.

– Pourquoi pas,  oui...