Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 9


Les bruits provenant de la salle de bain étaient franchement répugnants. Cela ne s’arrangeait pas pour Valérie. Avec le recul, elle admit que le poisson servit dans l’avion avait un air plutôt suspect et ne put que maintenir que toute forme de nourriture anciennement vivante ne pouvait qu’être impropre à la consommation. Vive le végétarisme ! Les fruits et légumes n’étant pas « vivants » avant d’être récoltés, bien entendu, c‘était connu.

Elle sortit de la, le teint verdâtre. Elle qui espérait revenir avec un beau teint doré, pour le moment, c‘était plutôt raté. Elle s‘affala de nouveau sur le lit et s’éventa d’un mouchoir à l’allure suspecte et tout froissé.

– Demain, ça ira mieux. Mais ne t’en fais pas, sors, amuse-toi. Tu ne vas pas rester cloîtrée par ma faute !

Amandine hésitait à lui rapporter l’agression de tout à l’heure, mais ç’aurait été se tirer une balle dans le pied et risquer que sa belle-mère revienne sur ce qu’elle venait de dire. Pour éviter tout risque de se faire voler son argent liquide, elle lui demanda donc à emprunter la carte du paternel, ce que Valérie lui remit sans rechigner.

– Je ne serai pas loin, je vais à la boite de l’hôtel. Donc en cas de besoin, j’imagine que tu peux appeler quelqu’un pour qu’on vienne me chercher. Tu es sure que ça va aller ?

– Mais oui, mais oui. je vais rattraper le décalage horaire comme ça. Je vais encore dormir un peu.

Durant ce temps, sur une plage pas très lointaine, Alex étant revenu à son bar le trouva entouré d’une bande de gars. Ici, on les nommait les sanky panky. Ce qui n’avait rien à voir avec le nom d’une équipe locale ou d’un groupe de folk autochtone. Non, c’était plus précisément le genre de beaux mâles que l’on trouve à traîner sur les plages et autres lieux à la mode, dragouillant la faune de vacancières, mûres et fortunées de préférence. Le tout sans vergogne, après tout la plupart de ces dames s’attardant sur eux n’étant manifestement pas la juste pour jouer à crapette en leur compagnie. Cela faisait partie du tourisme local au fond. Ils traînaient souvent autour de son bar et de ce fait, il pouvait plus ou moins les considérer comme des potes. Offrir une bière à l’œil de temps en temps permettait bien des ouvertures parfois. Mais là, plus de bière à offrir pour le moment. Numéro Trois ayant non seulement vidé deux ou trois bouteilles, mais s’était éclipsé avec tout ce qu’il put emporter de la réserve, détruisant le reste.

Heureusement, ils n’avaient pas touché à la structure en elle-même, du moins pas encore. Juste au patron pour le moment.

– Oh putain…

C’était le cri du cœur.

– Tout cassé ! Broken ! lui indiqua l’un d’eux, s’évertuant à parler français, mais le confondant parfois avec l’anglais ou l’espagnol, la langue locale à peu de choses près.

Comme si cela ne se voyait pas déjà. Alex lui indique sa face tout en acquiesçant et vint à s’asseoir à même le sable, dos à son cabanon.

– Pas problème ! Buy new bottles and let’s go !

– Oui, mais je n’ai quasi plus d’argent. No money. Sin dinero…

– Pas problème !  Pide a una mujer que te preste. Gentille madame riche, sûrement te donner.

– Mais ça va pas non ? Tu as vu ma tête ? fit-il, le nez enflé, le tour de ses yeux commençant doucement à bleuir, ne tardant pas à faire bientôt de lui une sorte de panda humain. Et puis je ne suis pas un gigolo. No soy sanky panky, OK ?

– Toi raison, pas facile séduire belle dame, se moqua l’autre, suivit dans la foulée par ses potes. Mais si besoin argent, venir avec nous. Nos vamos esta noche.