Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Sanky-panky

Chapitre 6


Décalage horaire oblige, Amandine tenta une sieste afin de se remettre dans le rythme alors que belle-maman comatait dans la chambre principale. Vu les évènements, elle avait préféré la seconde, n’étant ainsi pas obligée de voir aller et revenir Valérie de son lit à la salle de bain toutes les vingt minutes puisque celle-ci, unique, était attenante à cette première chambre.

Un balcon longeait les deux pièces, donnant sur un décor de rêve. L’océan à perte de vue, la plage ainsi que ses animations spontanées. Un petit groupe de percussions jouant à la limite du sable donnait à tout cela une ambiance idéale pour complètement se dépayser. Les terrasses bondées de monde, les corps allongés, cuisant sous le soleil, un groupe de téméraires jouant au volley dans le sable un peu plus loin.

Devant un tel spectacle et par pure vengeance, Amandine envoya un texto suivi d’une photo à Florian. Lui souhaitant de bonnes vacances à Nice avec sa pétasse tandis qu’elle se prélasserait sur une plage remplie de beaux mecs musclés et bronzés. Plutôt ravie de son petit plan machiavélique, elle déchanta presque lors de la réponse lorsque, aigri, il lui envoya « Bonne chance, ce sont tous des gigolos là-bas. J’espère que tu as bien pris la carte de papa et fait tes vaccins ».

– Connard ! fit-elle alors que le téléphone rebondit sur son lit.

Finalement, elle avait besoin d‘une glace. Tant pis pour le maillot.

En bas, sur la plage en question, pieds et fondations sommaires figées dans le sable fin, le « Paris Cocktail » accueillait les touristes désirant se rafraîchir sans devoir se déplacer jusqu’aux bars plus éloignés. Sa proximité en faisait un établissement pratique et qui marchait plutôt bien. Mais ce n’était, au fond, qu’un baraquement construit à la force des bras de son propriétaire, Alexandre Yannakakis. Qui malgré un nom aux accents purement crétois, était tout de même français de souche. Du moins pour ce qui était de la sienne.

Le cabanon était constitué de deux pièces assez petites, l’une étant le bar en question, s’ouvrant pour accueillir la clientèle. L’autre, la réserve où il logeait lui-même chichement. Un lit de camp dressé dans un coin, se partageant la place avec les casiers de bières et de limonades ainsi que sa vaisselle. Pour ce qui était des commodités, mis à part l’évier lui permettant de laver ses verres et son habitat, toilettes et autres se faisaient ailleurs, dans les services publiques de la plage.

Et gros, s’il arrivait que certains touristes lui envie de vivre ainsi, indépendant et libre dans un décor aussi paradisiaque, ce n’était hélas pas tout à fait le cas. Deux ans auparavant, simple touriste lui-même, il était tombé sous le charme de la région, y avait dilapidé toutes ses économies, quitté son boulot en France et ouvert ce bar à cocktail un peu complètement pourri. Minimisant les frais en logeant sur place. Mais la situation n’avait pas changé depuis. Et pour cause, outre le frais d’une telle installation, les taxes et tout simplement de quoi se payer à manger, un autre souci proliférait dans les environs. Et ce souci arrivait tout droit sur lui sous les traits de trois brutes épaisses, des autochtones aux lunettes noires et shorts à fleurs.