Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 5


Sur le moment, Amandine crut que sa belle-mère lui faisait une blague. Elle était arrivée sans prévenir, entrant dans la salle de bain alors que la jeune fille baignait depuis une bonne demi-heure, à demi shootée par les vapeurs de jasmin pour lui annoncer qu’elles partaient toutes les deux en vacances, « entre filles ». Subitement dissimulée par la mousse, l’eau lui arrivant volontairement au menton, mais désormais dans l’obligation de se trouver genoux pliés, dépassant de la surface et refroidissant donc.

– T’es sérieuse ?

– Oui et comment ! Ton père a trop de travail comme toujours, fit-elle exaspérée, alors partons toutes les deux. À nous les îles, la plage, les cocktails, les boites de nuit, les beaux mâles.

– Heu… je te rappelle que tu es mariée avec mon père depuis environ six mois.

– Je parlais pour toi ma Didine, s’empressa-t-elle de répondre, s’accompagnant d’un clin d’œil stipulant qu’en fait… non, elle en profiterait sûrement elle aussi.

Et cette destination ! C’est vrai que c’était tout de même autre chose que Nice. Qui était une région très valable aussi, du moins c’était la que Florian lui avait promis de l’emmener cet été. La République Dominicaine ! L’eau turquoise, le sable fin, les palmiers. Le paradis quoi ! Et même si elle se portait plutôt bien sans son ex dans les pieds, s’y changer les idées, comme le précisa Valérie ensuite, n’était pas de refus. Amandine craignait juste qu’elle ne profite de cet éloignement pour mettre ses menaces de l’autre jour à exécution. Et elle ne se doutait pas encore à quel point elle avait raison de se méfier.

Mi-juillet. Valises faites. Passeports valides. Vaccins faits. Euros changés en dollars US en poche en plus de la carte Gold de papounet. D’après le Guide du routard, ce n’était pas spécialement la meilleure saison de l’année, mais l’on ne change pas les projets d’une femme désirant se venger d’un affront impardonnable.

Le trajet direct durant près de neuf heures, le repas fut servi en cours de vol. Amandine côté hublot observait la masse nuageuse, se disant qu’elle préférait au final se trouver par dessus qu’en dessous. Elle se voyait déjà flemmarder simplement à l’ombre d’un cocotier, le jus de l’une de ses noix, gardée au frais à portée de main et rien d’autre. Définitivement rien d’autre. Enfin quelques baignades oui peut être, si son maillot ne jurait pas trop à côté de la bombe de service.

– Poisson ou poulet ? entonna l’hôtesse souriante chargée de servir les plateaux-repas.

Celle-ci possédait un accent asiatique absolument délicieux, bien plus que les plats qu’elle leur proposait.

– Poulet ! choisi Amandine au vu de son allure au bord de la carbonisation, mais, au moins, il avait été cuit lui, son homologue marin n’avait pas la même allure.

Tandis que Valérie opta pour le poisson, plus précisément pour la portion de légumes verts l’accompagnant. Et puis, d’après elle, le poisson ne faisait pas grossir. Ben voyons.

C’est à peine arrivée à l’hôtel qu’elle regretta amèrement ce choix. Se ruant plus rapidement sur les toilettes de leur double chambre au lieu de sa valise. Bref, les vacances commençaient plutôt pas mal.