Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 4


Assise en tailleur sur la couette rose Hello Kitty de son lit, Amandine monta le son dans ses écouteurs. Ce n’était pas qu’elle vouait un culte particulier à K-Maro, prêt à lui sacrifier ses tympans, mais d’entendre son père et sa belle-mère passer en revue chaque chapitre du kamasutra depuis qu’ils s’étaient couchés n’était pas vraiment ce qu’elle appelait passer une bonne soirée. Au moins, cela prouvait qu’ils s’aimaient. C’était bien, c‘était beau, c’était déprimant. Et rien de pire que d’imaginer son propre père en plein acte sexuel avec sa poupée blonde. Quelle horreur !

Manquerait plus que la belle-mère viennent à se déguiser en cow-girl sexy pour compléter le tableau et lui rappeler qu’elle avait fait vœu involontaire d’abstinence.

La jeune fille ne se sentait pourtant pas encore en manque, mais se doutait qu’au bout d’un moment, cela n’allait pas manquer. « Donne-moi ton cœur, donne-moi ton corps baby », braillait l’autre dans ses oreilles. Ils s’étaient tous donné le mot décidément.

Enfilant ses tennis et abandonnant sa chambre, les index plantés dans ses conduits auditifs afin d’en rater le plus possible, Amandine fila de cet antre de perdition, préférant finalement aller goûter les glaces italiennes du coin de la rue plutôt que celles patientant sagement dans le haut du réfrigérateur. Mais il fallait croire que le mois de mai devait être moins ensoleillé cette année, car une averse venait tout juste de commencer alors qu’elle se préparait à sortir. La forçant à demeurer dans l’entrée de l’immeuble, boudant une bonne fois pour toutes.

Ayant patienté une heure académique, elle finit par remonter et plutôt que de devoir affronter d’autres plaintes en provenance de la chambre, ce fut au milieu du salon que cela se passait. Mais de manière plus originale, habillés et se jetant l’un l’autre divers griefs et défauts à la tête. Tiens, il y avait de l’eau dans le gaz ? Cela avait pourtant l’air de bien aller tout à l’heure.

Immédiatement Valérie se rua sur sa belle-fille.

– Didine ! Dis-moi toi, est-ce que j’ai de grosses fesses ?

Restant prostrée devant cette question dont la réponse pouvait à la fois être honnête et choquante, ce fut le paternel qui intervint. Lui sauvant la vie.

– Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire.

– Ah oui ! Ce pourtant ce que tu as dit mot pour mot !

– Non, mais au contraire. Oh et puis merde ! Oui tu as un gros cul ! Voilà ! Mais je l’aime tel qu’il est !

– Ah tu vois !

Amandine tenta de rejoindre sa chambre et de les abandonner à leur différent concernant le pétard de belle-maman, mais elle fut retenue, prise à parti. Valérie réclamant de nouveau son avis. Fichue solidarité féminine.

– Non il… il est bien, émit-elle sans conviction.

À vrai dire, elle n’avait aucun avis là-dessus et la discussion outre le fait que cela ne la regardait pas, devenait ridicule. Par contre, elle prit de réelles proportions lorsque, toujours aussi outrée pour si peu, Barbie annonça qu’elle trouverait bien quelqu’un à qui cela plairait ! Là-dessus, Amandine trouva le créneau idéal pour filer droit à l’abri. Tayaut ! Et tant pis pour la glace.