Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Sanky-panky

Chapitre 3


Amandine aurait peut-être dû y songer à deux fois avant de faire sa valise et d’aller s’imposer chez son père. Ce n’est pas qu’elle avait totalement oublié, mais en fait si. Dans la foulée, il est vrai qu’elle n’avait plus pensé qu’il ne vivait plus seul. Le duplex étant situé non loin du Trocadéro, elle y était allée à pied et sous l’averse, traînant sa valise autant que son malaise derrière elle. Amandine du se présenter avec l’aspect d’un chien mouillé auprès de sa nouvelle belle-mère.

Remarié depuis quelques mois seulement à Valérie, une sorte de Bimbo de dix ans sa cadette. Au physique de poupée Barbie tant pour la forme de son corps que son aspect artificiel. Malgré ses quarante ans tout ronds, ses séances de gym, ses kilomètres de natation hebdomadaires et son régime basse calorie à base de légumes verts uniquement, c’en était à être jalouse. Elle ressemblait plus à une star de série américaine qu’à une belle-mère. Et du haut de ses vingt-cinq ans, Amandine se sentait plutôt minable en comparaison. Bien qu’il n’y avait pas de quoi. C’était un coup à déprimer plus encore et de réellement engloutir les tonnes de glace citées précédemment.

Heureusement, Valérie n’était pas du genre peste ou même marâtre cruelle façon « Cendrillon ». Au contraire, elle s’était toujours comportée en bonne copine vis-à-vis de sa bru. Trop peut-être. Amandine avait à peine annoncé son désir ainsi que les raisons d’occuper de nouveau sa chambre d’ado qu’elle se retrouva coincée entre ses bras consolateurs. Pressée contre une poitrine trop ferme et trop volumineuse pour être confortable. La trop gentille belle-mère l’affublant sans penser à mal d’un surnom assez gênant.

– Ma pauvre Didine. Tu es ici chez toi, tu le sais. À vrai dire, je ne l’aimais pas beaucoup ce Florian, tu as bien fait, je t’assure.

Après être parvenue à s’en désincarcérer et d’avoir réintégré sa chambre, elle posa enfin sa valise, suivit immédiatement de son postérieur sur le lit tout à côté. Les vacances étaient fichues, son couple était fichu, sa vie était fichue, se disait-elle. Et pourtant, malgré qu’elle en vint à se remémorer les moments les plus intenses de cette liaison avortée, du jour de leur rencontre à celui où il lui avait fait sa demande officielle, elle ne parvenait pas à se sentir aussi triste qu’elle ne l’aurait cru.

Il allait lui manquer, certainement. Ainsi que toutes ces petites choses qui faisaient de la vie en couple, un flot de bonheur perpétuel. L’attendre avec impatience le soir jusqu’au moment où, fébrilement, elle  décrochait le téléphone pour entendre dire qu’il rentrera tard. Ces week-ends ou il l’invitait dans un restaurant romantique et hors de prix, mais, ayant eu un client de dernière minute, ne s’y pointait finalement jamais. Ou encore ces nuits lovées au creux de ses bras virils et musclés – enfin, pas tant que cela en fait –, ces délicieuses et longues nuits peuplées de ronflements mesurables sur Richter et aux pets tropicaux lâchés en chapelet de sous la couette.

Au final, à bien y repenser, il n’allait peut-être lui manquer tant que cela.