Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Sanky-panky

Chapitre 2


Emportée par ses émotions contraires, entre l’angoisse d’y trouver ce qui paraissait si évident et la colère qui l’assaillait pour les mêmes raisons, elle rata deux fois le trou de serrure avec sa clé, rouspétant silencieusement avant d’ouvrir enfin. Le studio n’était pas bien grand, le moindre mètre carré à Paris et plus encore dans ce type d’immeuble coûtant un bras, elle n’eut pas besoin de parcourir les quelques mètres menant à l’unique chambre. Non, il étaient la, sur le canapé face à elle. Une blonde portant le haut d’un costume de cow-boy sexy tricolore à paillettes très court, chapeau compris, chevauchant un étalon ressemblant à s’y méprendre à son Florian. Et visiblement, lui n’avait pas du tout raté le “trou de serrure” de la demoiselle en question.

Celle-ci devait se croire en pleine représentation de rodéo vu les mouvements amples qu’elle imprimait de haut en bas, d’avant et arrière tout en criant de façon complètement surréaliste. En fait, si la scène n’avait été exécutée dans son propre salon, l’un des protagonistes n’étant autre que son fiancé, que de tomber sur un couple dans cette position aurait pu être aussi drôle que gênant.

Mais pas là, non. Pas là.

Il est toujours difficile de se prononcer sur la réaction que l’on aurait en pareille circonstance. Et si l’on avait demandé, à peine une heure auparavant, à Amandine ce qu’elle aurait fait devant un pareil cas, elle aurait sans doute répondu qu’elle aurait hurlé, étranglé la bonne femme, quitté l’odieux type qui se disait tout à elle et finirait ses jours à engloutir des tonnes de crème glacée par désespoir. Adoptant un chat dans la foulée afin de ne pas finir seule. Et pour certains points, c’était pratiquement ce qui allait advenir. Le chat en moins.

Mais avant cela, dans un réflexe inédit, la kitchenette se situant derrière la porte, et s’étant saisie de la première chose qui lui tomba sous la main, ce fut à coup de poêle à crêpes qu’elle matraqua l’espèce de nymphomane. Faisant cesser sur le champ leurs ébats qui, hélas pour eux, n’étaient pas loin d’arriver à terme.

– Hors de chez moi espèce de salope !

Le type de hurlement changea pour le coup alors que la fille récupérait tant bien que mal son mini short – à paillettes lui aussi – et prenait la poudre d’escampette par les escaliers. Et le pire, c‘est qu’elle eut le culot de lancer un « tu me rappelles hein ? » avant de disparaître. Devant la fiancée trompée, le fiancé trompeur tenta de se justifier de la façon la plus grotesque qui soit.

– Ce n’est pas ce que tu crois !

– Non tu as raison ! Tu avais une poussière dans l’œil et elle te l’a enlevée ! Après avoir retiré sa petite culotte !

– Non, mais… c’était le jour des présentations du modèle Rodéo à la boite et il y avait des hôtesses déguisées forcément et…

– Et tu as ramené du travail à la maison peut-être ? Espèce de connard !

Deux coups de poêle plus tard, il arriva à s’extraire du canapé, se jetant sur son pantalon et tâchant de l’enfiler. Manquant de se vautrer magistralement par deux fois, ce qui n’aurait pas arrangé ses affaires.

– Fiche le camp de chez moi ! hurla-t-elle, bien plus fort que les cris de cow-girl précédemment.

Ce qui fit enfin réagir le voisin de palier qui, empli de courage et d’une fine répartie leur lança un convainquant « Mais vos gueules bordel ! » depuis le pas de sa porte avant de rentrer prestement chez lui. Ayant remarqué que la tournure était tout autre à présent. On ne sait jamais, une folle avec une poêle dans les mains, cela pouvait toujours faire mal.

– C’est chez moi aussi je te rappelle !

– Bien ! Alors je me casse !