Gaëlle Laurier

Auteur de romances

Découvrez mes univers


En savoir plus

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode




L'épreuve - 8


Alexandre.

Je tenais l’un d’eux en joue par la lame de sa propre épée. Chose qu’il ne devait pas apprécier. Sommant les deux autres de détacher mon père et de nous permettre de partir. Mais ce ne serait pas tout, je devais également récupérer nos armes tout en gardant à la fois un œil sur eux tous, mais également me méfier de l’arrivée de ce potentiel « chef » qu’ils attendaient.

– Et qu’est-ce que tu ferais si nous n’obéissons pas ? demanda le plus large d’épaules, bras croisés.

– J’embroche votre ami !

Dire que j’étais confiant serait mentir, je tremblais de tout mon être, mais tentais de mon mieux que cela ne se remarque pas. Je pourrais avoir à faire à des fous préférant nous tuer quitte à ce que je saigne leur compagnon. Et de le pourfendre, même si cela ne m’était encore jamais arrivé et que je n’y tienne pas, était une éventualité que je devais prendre en compte. Nos vies en dépendaient peut-être. Celui au sol en tout cas était docile, me montrant ses mains afin de me prouver qu’il ne tenterait rien. Les deux autres semblaient ne pas vouloir obtempérer.

Je devais les convaincre, mais ce n’était pas ma voix à la limite du chevrotement qui allait y faire grand-chose. Je posai donc la pointe de ma lame sur le torse de leur ami.

– Je ne plaisante pas !

À quelques pas de moi, les deux autres se mirent à délibérer à voix basse, m’oubliant presque.

– Père ?

Je m’interrogeai et m’inquiétai de plus en plus à son propos, voilà trop longtemps qu’il demeurait inconscient et je m’en approchais afin de vérifier par moi-même son état lorsque le duo eut tôt fait de terminer leurs messes basses, tirant leurs armes de leurs fourreaux et venant vers moi. Deux à la fois, cela semblait ardu. Pire si le troisième ne se tenait pas tranquille une fois les hostilités lancées. Je n’avais pas le choix, je le frappai à la tête de la garde de mon épée, l’assommant. Le tout après lui avoir avoir lancé un « pardonnez-moi » qu’il n’aura compris que trop tard.

Le plus petit des deux, bien qu’il soit aussi grand que moi, chargea le premier. Je déviai sa lame, la bloquai, la repoussai. De ma vie, c’était bien là le premier combat réel que je devais mener. Tout aussi sérieux fussent-ils, avoir à riposter contre mon père, Aramis mon parrain ou tout autre mousquetaire ami n’avait rien de comparable. Et pourtant j’avais l’impression que mon adversaire retenait ses coups par moment. Je devais faire erreur ou alors c’était à n’y rien comprendre. À moins d’avoir ordre de ne pas nous tuer. Aurais-je donc cet avantage ? Celui qu’il ne tenterait aucun coup mortel ? Cela amplifia subitement ma motivation à le vaincre. Car moi, je ne retiendrais aucun de mes assauts.

Je me lançai, usant de parades d’attaques assez vives, accélérant de plus en plus la cadence tâchant de décontenancer l’homme masqué. Ne lui laisser que peu de temps de réflexion, juste celui d’évaluer sa riposte. Moi-même je risquais de m’y épuiser, mais il semblait plus âgé que moi et bien qu’il posséda une expérience supérieure à la mienne, je misais sur l’effet de surprise. Me servir de ma tête disiez-vous père. Cette fois, j’avais compris la leçon. D’un contre, je tentai de le désarmer, mais il parvint à ne pas perdre sa garde des mains. Par contre, la demi-seconde durant laquelle il s’étonna de ce mouvement me fut suffisante pour lui asséner un coup de pied magistral au ventre, l’envoyant écraser quelques trèfles.

Je repris mon souffle, ressentant mon cœur à travers mon thorax, ses battements me frappant les tempes, mais j’étais prêt, plus que jamais pour le suivant.