Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L'épreuve - 7


Séraphin.

Depuis tout à l’heure, je tâchais de garder mon calme, et ce, avec la plus grande peine du monde. Ce n’était que pure stratégie que de feindre d’être encore inconscient et lorsqu’il me sembla que le moment fut opportun, j’osai entrouvrir un œil. Alexandre grinçait des dents face à moi, ses yeux lancent des éclairs aux trois compères se trouvant auprès de notre feu. Mais qu’il fut en colère plutôt qu’au désespoir était plutôt bon signe. Et là, il enrageait tel le lionceau qu’il était, qu’il avait toujours été lorsqu’il se mettait réellement en rogne.

Mais cette colère ne serait pas bonne conseillère, j’espérais qu’il pourrait la canaliser et ne point oublier ce que je m’étais évertué à lui enseigner cet après-midi. Utiliser sa tête.

J’avais heureusement averti ma Belle que cette aventure risquait de durer plus qu’une journée, mais je n’osais imaginer sa frayeur lorsqu’elle me verra avec le visage amoché. Heureusement, cela s’estompera avec le temps, mais tout de même. Ils y étaient allés fort !

Encore une fois, il tenta de me réveiller, mais je ne faiblirai pas même si l’envie de réagir, couper mes liens et mettre fin à tout cela ne me manquait pas. Je devais résister, le laisser faire, se débrouiller seul. Il n’en sortira que grandit s’il réussit. Je savais qu’il était capable de s’en sortir.

Depuis combien de temps étions-nous là, attachés ? Une bonne heure pour le moins et Alexandre ne se plaignait plus depuis un moment. S’était-il calmé ? Résigné ? Diantre, il aurait bien changé s’il venait à accepter un tel sort. Ah non. Il appela l’un des hommes et je refermai vite cet œil qu’il pourrait voir ouvert.

– J’ai soif, je n’ai rien bu depuis des heures. Pourrais-je avoir à boire ?

Et c’est des trois celui sur lequel j’aurais le plus parié qui vint.

Il se forçait et prit sur lui pour ne pas être trop agressif dans sa voix, tentant de les prendre en pitié. Et aussitôt abreuvé d’une louche d’eau portée à sa bouche, il réclama que l’on s’occupe de moi. L’homme devait sans doute se tourner vers moi, car les bruits que j’entendis furent caractéristiques. Mal m’en prit, mais j’ouvris les yeux. Je ne voulais pas rater cela !

Alexandre tendit les jambes, les mêlant aux pieds de l’homme, les coinça, et le tirant à lui, le fit tomber lourdement sur la mousse. Il risquait gros à faire cela alors que les deux autres n’étaient pas loin. Mais là, il m’éblouit plus qu’il ne m’étonnait. Se relevant, ses liens tombant derrière lui, se jeta sur sa proie, le frappa au visage avant de lui dérober ses lames. L’une fut lancée à travers les fougères, la seconde dans sa main. Il le mit en joue alors qu’il était toujours au sol.

– Libérez mon père, amenez nos chevaux. Sinon j’embroche votre ami.

Mais je craignais qu’il ait à faire à aussi têtu que lui.