Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L’épreuve - 6


Alexandre.

Je perçus la douleur du coup porté à ma tête en premier lieu. Puis la surprise d’une brève noyade qui me sortit si brusquement de mon inconscience qu’un cri m’aura échappé. Pourtant j’étais sur la terre ferme, attaché à un arbre et l’on venait simplement et copieusement de m’asperger pour me faire recouvrer mes esprits. C’était plutôt réussi, l’eau glacée annihilant tout désir de sommeil.

Mais ma première crainte, et ce malgré tout ce que je savais de lui était ce qui est arrivé à mon père.

– Qu’avez-vous fait de mon père ! Ou est-il ?

Et l’on me répondit juste en l’amenant face à moi, l’attachant à son tour. Ils l’avaient frappé, ordures ! Son visage était légèrement tuméfié et il ne bougeait pas. Je me débâtis, tirant sur mes liens jusqu’à me brûler les poignets sur la rudesse des cordes. Mon sang bouillonnait. La peur me tordait l’estomac, mais des deux, c’est la rage qui l’emportait.

– Je vous le ferai payer, bande de chacals.

L’un des attaquants se tourna vers son comparse. Ils étaient masqués à tel point que même leurs cheveux étaient dissimulés et leurs voix filtrées par le tissu se faisaient graves.

– Il a dit chacals ?

L’autre lui répondit d’un mouvement d’épaules, j’avais l’impression d‘assister à une farce. Ils étaient trois, grands, bien bâtis. L’un d’eux en particulier, celui qui avait parlé le premier. Le troisième vint auprès de mon père, ce qui me provoqua de nouveau des envies de meurtre. Mais il semblait juste vérifier qu’il était vivant, il fit d’ailleurs signe à ses compagnons.

– Que fait-on d’eux ?

– On attend les ordres du chef.

Ils s’éloignèrent vers le feu de camp tandis que je me tortillai encore, souhaitant me libérer. Mais ce n’était en rien des amateurs et leurs liens étaient bien faits. J’aurais appris à faire et à défaire bien des nœuds grâce à mon père, mais celui-ci se trouvait dans mon dos et mis à part stupidement tatillonner afin de tâcher d’en comprendre la formation, je ne pouvais rien de plus. Si seulement père pouvait se réveiller. Je savais qu’il disposait toujours d’une lame dissimulée quelque part, il était bien trop prudent pour sortir une seule fois sans. Même sa manche gauche en était truffée. C’était, à partir d’aujourd’hui et cela je me le promis, une chose que je mettrai en application.

– Père ? tentais-je. Je vous en prie père, revenez à vous.

Mis à part l’intérêt des bandits qui se tournèrent vers nous, je n’obtins aucune réaction.

– Mais que voulez-vous à la fin ? Voler nos chevaux ? Notre or ?

– Nous serions déjà loin et vous raides et refroidis s’il en avait été ainsi, réfléchit gamin. Nous attendons juste… les ordres.

– Mais les ordres de qui ? Pourquoi ?

– Ce serait compliqué à t’expliquer gamin, renchérit le plus large des trois. L’on nous a ordonné de capturer deux hommes dans ces bois. Enfin, un homme et un gamin.

Des ordres venant d’autrui pour nous capturer, nous ? Mais qui ? Un ennemi de mon père ? Certainement. Alors il était encore plus en danger que moi. Et ce type qui n’avait de cesse de me provoquer. Qu’il me traite encore une fois de gamin et je…