Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L’épreuve - 5


Alexandre.

Je craignais, hélas, que ce ne soit pas tout à fait le genre d’exercice que je préférais. Pourtant, cela me serait fort utile. J’observai la lune à travers des feuillages, ceux-ci la masquaient à peine, mais ce n’était pas un simple croissant qui diffuserait suffisamment de lumière pour qu’elle vienne à me manquer. Le feu me tenait chaud, mais tendait également à m’inciter à m’endormir. Ce qui arriva forcément. Revenant à moi d’un sursaut, sans doute une patte un peu lourde ayant malencontreusement marché sur une brindille, je me frottai vigoureusement les yeux.

C’était plus fort que moi, je n’avais aucunement l’habitude et si un peu d’action me tenait éveillé, cette inertie m’achevait. Un bon lit, des draps propres et le crépitement me berçant de nouveau, mais depuis l’âtre de ma chambre. Ah ! J’en rêvais ! Mais si j’étais ici, ce n’était pas pour me reposer justement, mais afin que Père s’assure que je ne flancherais pas. Alors je devais tenir, il le fallait. Mon futur en dépendait et je n’avais, de ma vie, jamais été aussi sûr de moi. Moi qui ne suis absolument pas versatile, c’est dire.

Assis sur la souche qu’occupait mon père, celui-ci dormait en me tournant le dos, la tête posée sur ses sacoches et sa cape par-dessus lui. Je constatai alors que mère devait avoir le plus doux des sommeils en sa compagnie, car il ne ronflait pas, fait que je n’avais encore jamais eu l’occasion de remarquer.

Je remis ma cape en place, il faisait frais sans cela. Ou devrais-je au contraire m’en défaire. Peut-être cela me donnerait-il un coup de fouet. Ou marcher un peu, peut-être. Bonne idée. Je me levai donc et me dirigeai vers nos chevaux. Ils ne dormaient pas eux non plus, comment faisaient-ils ? Ou alors était-ce quelque chose qui les tenait en alerte ?

Je flattai l’encolure de ma jument, elle semblait plus nerveuse que je ne l‘aurais cru. Se recula subitement de moi et tapa du sabot dans les hautes herbes.

– Tout doux ma belle, lui chuchotais-je.

Mais ma voix ne la calma en rien. Que du contraire, elle se braqua un peu plus. J’allais alors apprendre à mes dépens qu’il fallait toujours se fier à sa monture. Ses sens étaient plus aiguisés, y compris ceux pressentant un danger proche. Et plus encore alors que celui-ci, venant discrètement dans mon dos, m’assena un coup à la tête.