Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L'épreuve - 3


Alexandre.

Je disposais d’une arme, m’avait-il dit. Pourtant je les avais toutes laissées auprès de lui. Et il ne m’était d’ailleurs pas permis d’en user. Quelle arme ? Je me croyais agile, mais ils l’étaient bien plus que moi. Rapide ? Je n’étais qu’un piètre amateur face à ces teignes aux longues oreilles. Alors quoi d‘autre ? La patience ? Je me voyais attendre devant un terrier qu’ils se livrent tout seul à ma broche. La persévérance sans doute. Bien qu’il me fallait trouver autre chose que de simplement vouloir mettre la main dessus. La chose était véritablement ardue et je devais l’avouer, c’était bien joué père.

Je me posai dans un carré d’herbes et réfléchis. Au moins mon père aura évité de rire de mon incompétence, mais cela ne saurait tarder. J’étais pathétique. De plus ces sales bêtes me narguaient, sautillant à quelques pas de moi. Je les observai alors, un terrier est proche, je le savais, ils s’y étaient engouffrés plus d’une fois durant mes tentatives. Oh il y avait bien quelques levrauts, moins habiles, qui s’en écartaient imprudemment, mais quel honneur aurais-je à les mettre au menu ?

Et voilà le roux, la pire crapule qui soit. Il m’aura fait déchirer mon habit et tomber par deux fois sur les fesses. Celui-là, je rêverais de le voir tourner par-dessus de belles flammes. Pourtant, ce n’était pas le plus gros. Lentement, alors qu’il me regardait tout en humant l’air, je me redressai, posant un genou au sol. J’avançai le second, me rapprochant. Il se figea et moi de même, m’attendant à ce qu’il détale, mais après une minute à ne quasi point respirer, il se remit en chasse de quelques trèfles. Il semblait confiant et moi de même. Je n’étais qu’à cinq pas, je tendis la main, mais tout en la gardant au plus ras du sol. Entre les pâquerettes. Trois pas. J’étais un loup, patient, silencieux et affamé à force de m’épuiser ainsi pour rien. Il ne m’échappera p…

– Diantre ! C’est le diable en personne ! lâchais-je alors qu’il s’échappait dans son terrier.

J’eus pourtant touché sa fourrure du bout des doigts, n’emportant que quelques touffes de poils. Et voici comme je le craignais que mon père n’en peut plus et se plie sur son tronc d’arbre.

À genou au milieu des trèfles, me voici de nouveau vaincu par une bête que je croyais pourtant totalement innocente et inoffensive alors qu’il se trouve qu’elle fut plus intelligente que moi. Les deux poings au sol, j’enrageais, mais je n’abandonnerais pas. Le rouquin réapparu à dix pas de là, débouchant d’une autre issue à son terrier, sautilla puis me fixa. Un duel de regards s’en suivit tandis que nous nous toisions l’un l’autre. Subitement me revinrent les mots de mon père. Je possédais une arme indispensable, mais je ne l’employais pas depuis tout à l’heure. Me focalisant sur ma force, ma taille, tout ce que j’imaginais naturellement supérieur à cet animal. Et lui me prenait de court, malin qu’il était. Cette fois, j’avais saisi où il voulait en venir. J’enlevai donc ma veste.