Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L’épreuve - 2


Séraphin.

J’avais choisi par avance ce lieu avec précautions. Il n’était pas question que ce que je lui réservais soit infaisable, c’aurait été déjà été bien assez compliqué ainsi. Nous nous enfonçâmes dans un bois jusqu’à une clairière. Un maigre cours d’eau ayant son lit non loin de là.

– Nous allons monter notre camp ici.

Je mis pied à terre et il m’imita sans se plaindre. Bien que cela ne m’était plus arrivé à moi-même depuis un moment, je savais pertinemment bien qu’Alexandre n’avait jamais eu à dormir à la belle étoile. Mais la n’était pas sa seule épreuve. Avant cela, il nous fallait prévoir notre repas de midi même s’il fut encore tôt et j’allais de ce pas l’en charger.

– Cet endroit est propice à la chasse, mais nous allons nous contenter de tout petit gibier. Libre à toi de prendre cela comme un jeu, la règle en est simple. Ni arme ni collet.

– Cela signifie que je doive les attraper à mains nues ?

Cela sembla l’amuser, car il m’offrit ce sourire qu’il détenait de sa douce mère. Sans doute prenait-il comme une chose déjà convenue, mais il risquait de bien vite déchanter.

– Je t’en prie, mais hâte-toi, que nous puissions dîner avant la nuit.

– Très bien.

Il se sépara de ses armes, me prouvant qu’il serait loyal et parti sans tarder à la recherche des quelques lièvres peuplant ces bois. Il n’aurait aucun mal à en dénicher, je pouvais l’assurer. Pour ce qui était de s’en saisir, ce serait une toute autre affaire. Ils étaient vifs, rapides, pouvant parfois mordre, mieux valait prendre garde. Sans compter qu’ils connaissaient les lieux bien mieux que lui, disposaient d’une multitude de terriers où s’enfoncer et, plus que tout, jouaient leur vie. Raison de plus pour ne pas se laisser prendre.

Je m’installai sur une souche et l’observai. Il me semblait qu’il en ait aperçu un et se dirigeait rapidement vers lui. À demi dissimulé par un amas de fougères à force de se tenir ployé, je le vis pourtant alors qu’il le rata, repartit à sa poursuite, tenta de nouveau de lui mettre la main dessus d’une façon tout à fait logique, mais qui ne porta pas ses fruits. Au bout d’un moment des ces essais infructueux, il adopta une seconde tactique, plus expéditive que la précédente qu’il avait sans doute jugée comme trop douce. À moins qu’il ne commençât doucement à s’agacer.

Peut-être voulait-il l’écraser de son poids afin d‘en venir à bout. Ma foi, c’était à tenter. Encore fallait-il que l’animal daigne bien rester en place à se faire étouffer par le poids du chasseur à mains nues. Mais que nenni, la bête était taquine.

Je penchai pour une bonne heure d’efforts de ce genre et toujours pas de dîner en vue. Je croisai les bras, l’observant sans avoir prononcé le moindre mot. Lui, finit par se redresser tout à fait, faisant s’étirer les muscles de son dos avant de lâcher un immense soupir.

– Comme quoi, la chose qui te paraissait si simple au départ, se retrouve bien plus ardue. Mais pas insurmontable mon fils. N’oublie pas, tu disposes d’une arme indispensable pour te sortir de toutes les situations.