Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Un futur mousquetaire - 1


Alexandre, seize ans.

– Parade Alexandre ! Cela fait deux fois que nous reprenons et tu rates systématiquement ce moment. Aurais-tu l’amour en tête mon garçon ?

– Oh non ! Dieu m’en garde Aramis. Mais, je songe que c’est aujourd’hui que je me devais de parler à mon père. À propos de ma décision.

– Craindrais-tu à ce point qu’il refuse ?

– C’est peu dire.

– En attendant, je te prierai de te concentrer. Dans le feu de l’action, nul ne fera de pause pour te faire récupérer de tes états d’âme.

Nous étions aux quartiers des mousquetaires. Bien que j’y traînais depuis l’enfance, accompagné de mon père lorsqu’il convint qu’il fut temps de m’enseigner les bases de l’escrime, j’y venais de plus en plus souvent moi-même. M’arrangeant pour tomber sur mon parrain, Aramis ou l’un de ces valeureux hommes que je connaissais le mieux.

Si Père m’apprit à me défendre depuis mes huit ans, espérant ainsi que je puisse faire face à toute éventualité. Au grand dam de ma tendre mère qui craignait plus que je ne me blesse qu’autre chose durant ces entraînements, j’avais pu depuis voler de mes propres ailes. J’aimais notre demeure à Paris, j’aimais notre campagne et nos terres ou nous nous rendions tous les étés, mais ici, je me sentais chez moi. Véritablement. Dans mon élément.

Cette vie m’attirait. Je savais que je devrais me ployer à certaines exigences au niveau de ma vie privée, que le danger serait au rendez-vous à chaque coin de rue et que l’aventure pouvait être moins trépidante qu’il n’y paraissait, mais j’avais trouvé ma voie.

J’aurais pu être comme tout fils de noble, profiter des rentes de mon père, profiter des joies qu’offrent la vie également et uniquement des joies, trouver des donzelles à aimer et peut être même une à laquelle me lier, mais… bien que les femmes m’inspiraient respect, intérêt et toutes ces choses naturelles qu’elles pouvaient susciter auprès d’un jeune homme, je me voyais mal me marier. L’honneur, l’aventure, le don de soi, servir notre souverain. Voilà ce qui m’allait. Je ne reprochais rien à ceux préférant cette vie plus calme et luxueuse et n’allais pas jusqu’à dire que je m’en passerais totalement, mais mon choix était fait. Encore fallait-il me trouver cette once de courage, la seule qui me manquait, l’annoncer à mon père.

Je laissai là l’entraînement de ce jour, rentrant chez moi pour la collation de ce midi. J’embrassai ma mère et prit place à table. Simone, brave Simone avait préparé l’un de mes mets favoris. Une tarte aux pommes et cannelle dont elle seule avait le secret. Toutes deux étaient dans la confidence et sans doute, voulaient-elles m’encourager à affronter père avec quelques douceurs dans l’estomac.

Me voici donc à prendre mon courage en main, me rendant jusqu’à la porte de son bureau et frappant à ma façon, ce qui ressembla plus à un court air de musique qu’à un souhait de vouloir entrer. Mais c’était une habitude prise depuis le jour où, enfant, père me relata l’un de ses secrets de missions. À savoir le coup spécifique porté à la porte. Une certaine suite rassurant l’hôte sur le visiteur, toute suite de coups différente, l’encourageant à le recevoir armé. Enfin, la chose pouvait s’avérer plus complexe que cela, mais c’en était l’idée.

Il me pria d’entrer et je le trouvai légèrement amusé par mon annonce, ceci ne ratait jamais et j’avouais que je m’en étais servis afin d’alléger le poids de ce que j’avais à lui dire.

Il m’observa un instant et je me rendis subitement compte d’un grave manquement, j’avais omis de changer de tenue et celle-ci fut loin d’être convenable. Ma chemise portant encore des marques de mon entraînement et nulle veste sur mes épaules. Soit, affrontons-le ainsi.