Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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La cavale - 7


Alexandre.

– Et s’ils voulaient nous faire du mal ? J’ai peur Alexandre.

– Père m’a appris à me défendre ! Je te défendrai aussi ! Je te le promets ! tentais-je de rassurer Angèle.

Mais je ne me sentais pas aussi sûr de moi que je voulais le lui faire croire.

Au fond, la seule chose à laquelle je songeais fut « Qu’aurait fait Père à ma place ? ». Il m’avait parlé de sa vie d’antan, celle qu’il avait connue lorsqu’il était tout aussi âgé que moi. Mourant de faim, battu et finalement enfermé par un homme brutal et il avait survécu ! Il était devenu un homme et moi aussi je voulais devenir un homme. Et ne pas m’apitoyer sur mon sort comme Angèle. Je voulais être fort. Pour revoir maman, pour sauver Angèle, pour que père soit fier de moi !

Alors que faire ? Qu’aurait-il fait lui ? Tenter de s’enfuir était la meilleure solution qui me vint. Si l’on attendait qu’ils reviennent nous chercher, ils pouvaient nous faire du mal ou nous emmener plus loin de Paris. S’enfuir. Oui. Mais pas n’importe comment, il fallait réfléchir.

Je pris mon élan et tentai un coup d‘épaule dans la porte. Inutile, elle était verrouillée et si épaisse. Les larmes me montèrent aux yeux, je m’étais fait mal. Ne pas pleurer, je suis un homme. Si je pleure, Angèle va pleurer aussi. Je ne pouvais pas l’ouvrir sans la clé, il me fallait la clé et celui qui l’avait était l’homme qui nous avait amenés ici.

– Angèle ! Nous devons faire revenir cet affreux bonhomme !

– Non ! Il va vouloir nous frapper si on le dérange ! J’en suis sure !

Je regardai autour de moi, il n’y avait pas grand-chose ici, mais à part les deux objets que j’avais remarqués, le tabouret et la chaîne. Que faire juste avec cela ?

Une chaîne, l’attacher ? Je ne pourrai pas le tenir et Angèle non plus. Non, faire comme pour les lapins, lorsque l’on allait poser des collets dans le petit bois. Le lapin posait une patte dans le piège et il se refermait dessus lorsqu’il voulait s’enfuir. Nous allions tenter cela.

– Angèle, écoute-moi…

Je lui expliquai comment faire. Elle n’avait jamais posé de piège, mais ce n’était pas grave. J’allais faire le nœud. Elle, elle m’aiderait à ce qu’il mette son pied dedans. Le temps qu’il comprenne et se libère, nous serions loin. J’étais capable de courir vite, et elle aussi.

Elle m’écoutait sans m’interrompre et ses larmes avaient cessé de couler. Elle reprenait courage, me faisait confiance et cela me motivait à ne pas échouer.

– Je peux le faire venir moi.

– Comment ?

– Ma mère dit que j’ai une voix très aiguë si je crie, il m’entendra et viendra voir, mais… il sera fâché si l’on fait ça.

– Oui, mais c’est pour nous enfuir. Je ne le laisserai pas te faire du mal.

Je fis donc le nœud, mais ce n’était pas aussi parfait que je l’avais imaginé, les collets étaient plus souples. Mais je continuai tout de même, plaçant notre piège sur le sol puis je pris le tabouret à deux mains, attendant derrière la porte. Ça allait marcher.

– Vas-y Angèle, crie ! Maintenant !

Diantre ! C’est vrai qu’elle avait de la voix ! À vous en briser les tympans ! Le plus âgé des deux hommes entra en maugréant contre elle, à peine dans la place qu’il la prit pour cible, la traitant de quelques jurons qui ne me plaisait guère, mais je ne devais pas m’offusquer de cela maintenant. Il n’avait pas pris attention à moi, et je le frappai donc avec le siège que je tenais en main. Je m’attendais à frapper suffisamment fort pour le lui briser sur le crâne alors qu’il se penchait vers elle, la terrorisant, qu’il s’étourdisse et que nous puissions le faire prisonnier. Mais… mais ce ne fut pas tout à fait ce qui arriva.

Le tabouret demeura entier malgré le mal que j’eus à y mettre toute ma force, il me l’arracha des mains. Angèle se remettant à hurler de plus belle, ce qui le fit revenir vers elle.

– La ferme sale gamine !

Mais une autre opportunité vint d’elle-même, tout en avançant vers elle, son pied se prit malencontreusement dans le piège. Je me jetai sur la chaîne et tirai dessus afin qu’elle se referme autour de sa cheville. Notre ravisseur se retrouva tel un idiot à tirer sur sa jambe, tâchant d’avancer. Et le temps qu’il se rende compte par quoi il fut retenu, je pris Angèle par le bras et la tirai avec moi vers la sortie.