Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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La cavale - 6


Séraphin.

Je ne pus dormir cette nuit-là, faisant le tour des auberges et autres lieux où mon petit réseau d’informateurs pouvait me rendre des comptes d’heure en heure. J’eus l’adresse de cette femme dont le nom figurait sur la liste. Et alors que je repartais de chez moi, ayant revu mon épouse afin de lui faire part de nos actions, un jeune messager d’une quinzaine d’années m’apporta une lettre cachetée.

Je lui attrapai le bras avant qu’il ne se sauve, le faisant entrer chez moi et le mis sous la surveillance de Gaston, tout en ouvrant la lettre. Celle-ci, trop épaisse pour ne pas être intrigante, comportait un bouton de nacre ainsi qu’une mèche de cheveux dorés. Annabelle reconnu immédiatement l’objet comme faisant partie du manteau de notre fils.

– Qui t’a donné cela ? fis-je au gamin, tâchant de prendre une mine capable de lui faire peur et le secouant.

– Je n’ai pas vu son visage, monsieur, je le jure ! Il m’a donné quelques pièces et promis d’autres à mon retour.

– Tu as peut-être raison, mais tant que je n’en serai pas certain, tu resteras sous bonne garde.

Je ne devais prendre aucun risque de laisser repartir un potentiel complice. Et bien entendu je fis le nécessaire afin de faire rassembler la somme demandée. Étonné tout de même que l’on m’annonce sur ce parchemin que l’on détenait également ma fille. Cependant, il me fallait explorer cette piste qui me tenait à cœur depuis la veille.

Arrivés devant sa porte, les quelques coups sensés la sortir du lit ne semblèrent pas porter leurs fruits. J’insistai tant que j’attirai l’attention de deux poivrots sortant d’une auberge proche, l’un d’eux venant à me suspecter de chercher quelques ennuis à cette femme se montra plutôt grossier.

– Ceci n’est en rien votre affaire, grognais-je, plutôt mécontent que l’on vienne m’interrompre. A moins de pouvoir m’informer, veuillez repartir cuver votre vinasse.

Alors que le premier semblait insister le second passa devant lui, l’arrêtant de la main.

– J’parie que vous v’ nez pour les p’tits oisillons qu’elle a recueillis. Cette information vaut-elle de l’or ?

– De l’or ou ta vie si tu ne me dis pas où trouver ces enfants.

– Ils ne sont plus ici mon seigneur, Jean-Pourri est passé les prendre. On sait pas trop où il vit, car si c’était si facile de l’savoir, y serait déjà pendu depuis des lustres !

Je lui jetai son dû et le remerciai peut-être un peu sèchement vu mon humeur avant de relancer les recherches vers cet homme qu’il m’avait cité. Mes craintes s’amplifiant, car ce nom, en plus d’être celui d’un bandit était celui de quelqu’un connu pour vendre les enfants qu’il trouvait dans les rues, un autre Joras, mon pire cauchemar.