Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Notaire et escroc notoire - 4


Séraphin.

Rassurez-vous, le but ne fut pas de tenter d’imiter un quelconque oiseau nocturne, le résultat aurait été plus que fâcheux à risquer de finir estropié au pied de l’immeuble, mais de pénétrer en ces lieux via les deux seules issues possibles. A la fois ! A savoir la porte, bien évidemment et sans doute bien gardée, mais aussi la fenêtre. Qui pour le coup, l’était certainement moins.

Je connaissais la disposition des meubles grâce à Amandine, le bureau se situant au centre de la pièce, le notaire – à moins que ce soit son acolyte qui y soit installé – me tournerait le dos. Mais avant tout, vérifions. L’état du châssis de cette chambre-ci, le moyen de fermeture, classique puisqu’il s‘agissait de doubles châssis à vantaux ouvrants. Autrement dit, un bon coup de pied depuis l’extérieur en son centre, faisant ployer la tige métallique chargée de les maintenir fermés et me voilà dans la place. Enfin, en théorie.

J’ouvris la fenêtre à ma disposition, la douce fraîcheur de la nuit se rappelant à mon bon souvenir et observai les points d’appui et de suspension éventuels. Parfait !

– Maintenez-vous au-devant de la porte de ce cher notaire et laissez-moi deux minutes.

– Monllieu ! Vous êtes fou ! tenta-t-il de me dissuader.

– Non mais suffisamment agile, du moins je l’espère. Allons.

De toute façon, je ne me serais jamais risqué à y songer si je n’avais déjà expérimenté la chose.

Sans lui laisser le temps de me trouver d’autre sobriquet du même genre, je montai sur le rebord et m’engageai sur la corniche de façade sur la pointe des pieds, m’agrippant au linteau. N’omettant pas avant tout, de mordre la partie la plus fine de la crosse de mon mousquet afin de le tenir à portée. J’allais sans doute y laisser quelques ongles mais soit. C’était pour la bonne cause.

Mais le pire était à venir. Si ce n’était pour l’effet de surprise, autant simplement aller frapper à la porte, espérant qu’ils aient le réflexe malheureux de tirer au travers avant de nous jeter sur eux lorsqu’ils rechargeraient leur arme mais… non. Trop de suppositions et pas assez de certitudes. Ils étaient là à s’attendre à une entrée classique et ce n’est pas ce que nous avions envisagé. Me tenant au linteau de la fenêtre du bureau, il ne fallut pas traîner afin de ne pas être vu et me lancer à travers la fenêtre, pieds en avant. Je devais avoir l’air fin à jouer ainsi les acrobates. Mais seul le résultat comptait. Celle-ci céda, je tombai au sol, derrière le bureau et nos deux hommes tandis que de la porte, Athos surgit. Double surprise. Tenus en joue, les hommes de main en firent tout autant vers le mousquetaire, j’en profitai donc pour me saisir de notre hôte et lui coller mon canon contre sa tempe. Tout cela se fit très vite.

– Je vous prie de reconsidérer la situation messieurs. Qui, ici même se trouve être le plus précieux ? L’homme que vous tenez en joue ou le mien ?

– Baissez vos armes, entonna Athos d’un air plus que convainquant.

Et après quelques secondes de réflexion mais surtout sous la supplique du notaire, deux mousquets tombèrent au sol.

– Vous ne savez pas à qui vous avez à faire ! J’ai des relations haut placées ! entonna le banquier véreux alors qu’il m’incita à mieux le contempler, mais surtout à enfin déterminer qui il était.

– Oh mais bien sûr que si Monsieur Neuville. Et je suis certain qu’ils seront ravis d’en apprendre plus sur vos activités.

Cette fois, la mission était conclue. Tout ce beau monde fut ligoté et la garde mise à profit afin que chacun rejoigne ses nouveaux quartiers, à savoir une confortable cellule avant d’être questionnés et jugés. Amandine me rejoignit, je lui promis de ne point la laisser dans l’embarras et de lui trouver un nouveau travail suite à cela. Vous devinerez aisément combien elle me fut reconnaissante ensuite. Mais je ne pu l’accueillir chez moi, hélas, je ne suis plus homme à m’attacher de la sorte.

Mais il était, je le vis bien, un détail qui revint tarauder ce cher Athos et en homme franc qu’il était, il n’hésita pas à m’en faire part.

– Cette petite a tout de même eu de la chance et c’est fort honnête de votre part que de vous occuper de son avenir.

– Pensez-vous sincèrement que je laisserais ainsi quelqu’un m’ayant si aimablement aidé ?

– Je repense surtout à la jeune femme dont vous me parliez plus tôt, condamnée à l’isolement.

– Sachez alors, si cela peut vous alléger d’un poids, que cette douce Claire ne se trouve plus au couvent depuis longtemps déjà.

– Et que s’est-il passé ?

– Nul ne le sait. A ce qu’il parait, elle aurait eu un amant qui l’en aurait fait sortir et permit de s’éclipser dans d’autres régions quelques semaines plus tard. Mais vous savez, les rumeurs... lui répondis-je d’un air entendu.