Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Notaire et escroc notoire - 2


Séraphin.

Nous approchions de la demeure de ce cher Monsieur de Fontenay. Protégée d’un haut mur qu’il nous faudrait escalader, mais surtout d’un molosse nous attendant certainement bien gentiment derrière. J’en avertis mon partenaire avant qu’il ne se mette à l’escalade et ne tombe sur cette petite surprise baveuse de poids.

– Notre cher ami a sans doute laissé son chien dehors pour la nuit, mais j’ai de quoi le calmer pour deux bonnes heures.

Il me regarda intrigué avant de demander si je comptais empoisonner l’animal alors que je sortais une boulette de viande d’un tissu gardé précieusement dans une poche.

– Me croyez-vous sans cœur ? Non cet animal ne fait que son devoir et qui plus est, il est superbe ! Ce serait pur gâchis !

Je sifflai doucement comme pour attirer l’animal qui ne mit pas longtemps à se manifester. Le claquement léger de ses griffes marquant les quelques dallages de la cour intérieure se faisant entendre. Ne me restait plus qu’à lancer le petit colis par-dessus et d’entendre le bruit de ses babines de gourmand dévorer la préparation spécialement conçue pour lui. Dix minutes à peine s’écoulèrent avant que nous l’entendions ronfler tel que le ferait un homme de bonne taille, mais l’animal faisait tout de même dans les quatre-vingts kilos.

Enfin, nous passions outre le mur de pierre, nous aidant l’un l’autre tout en demeurant silencieux. Du doigt je lui indiquai la chambre de l’intéressé avant de nous diriger vers le perron arrière.

– Auriez-vous également dérobé la clé ouvrant cette porte ? me demanda-t-il, chuchotant.

– J’ai pratiquement mieux que ça.

D’un grattement à la fenêtre la plus proche, une lumière s’alluma et rapidement le verrou de l’entrée fut ouvert. Une soubrette en chemise de nuit nous ouvrit et s’élança si prestement qu’Athos aura eu le réflexe de porter sa main à son arme, mais il se ravisa, se rendant compte que la donzelle préférait se pendre à mon cou plutôt que de le serrer, m’offrant alors un délicieux baiser de bienvenue.

– C’est parfait tendre Amandine, lui fis-je. Mais j’ai le regret de vous apprendre que vous devrez trouver nouvel employeur très bientôt.

Mais je crois qu’elle s’en moquait au fond, elle ne devait pas beaucoup l’apprécier. De plus, je pourrais toujours faire jouer de mes relations pour lui trouver une autre place, qui sait. Elle nous fit entrer et nous nous immiscions à pas de souris, nous tenant sur nos gardes.

Les lieux étaient étrangement déserts, et alors que je m’attendais à voir au moins l’un des hommes armés, aucun à l’horizon. Nous nous observions, Athos et moi, semblant constater la même chose. Perplexes et méfiants. Par contre, des bruits de pas provenant d’en haut nous parvinrent.

– Aurez-vous encore besoin de moi ? questionna la jeune Amandine.

Bigre ! Je pensais qu’elle aurait naturellement regagné sa chambre plutôt que de nous suivre !

– Non, mais repartez vous coucher, faites mine de dormir et surtout ne réagissez pas si vous entendez quoi que ce soit d’étrange.

– Bien, mais… Séraphin… vous reverrais-je ?

– Bien entendu, lui fis-je d’un sourire complice.

Athos leva les yeux au ciel, mais sans relever sur ma façon de procéder. Après tout, à chacun la sienne. La donzelle repartit donc, nous jeta un dernier sourire avant de regagner son lit. Et tout aurait pu reprendre son cours si nous n’avions entendu un cri étouffé une fois passer sa porte ainsi que quelques bruits de lutte.

Amandine en ressortit, la mine penaude et suivie d’un homme tenant un mousquet. Un second nous prenant à revers, profitant de l’occasion. Hé bien les voici donc, nous les cherchions justement !