Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Notaire et escroc notoire - 1


Séraphin.

Il avait fallu près de trois mois et quelques confidences nocturnes pour enfin connaître le nom de celui se dissimulant derrière tout cela, Sir de Fontenay. Et il me sembla alors que cette affaire ressemblait de près à de celle qu’il m’eut été donné il y avait quelques années… Oh souvenirs que j’aurais préféré garder dans un coin de ma mémoire tant l’échéance ne me plut guère… Disons que j’étais encore un jeune sot idéaliste persuadé qu’il existait encore bel et bien certains sentiments capables de soulever des montagnes. Triste déconvenue.

Cette fois encore il s’agissait d’une histoire de gros sous, ou plutôt du détournement de certaines sommes d’argent, ma foi, rondelettes vers quelques destinations étrangères n’ayant au final, aucune existence. Et bien entendu, cela touchait quelques grands noms à la cour, de ceux s’étant fait délester pour avoir offert toute leur confiance et leur bien à gérer à cet escroc notoire.

La difficulté à le retrouver fut qu’il était loin d’être idiot, car ce faux notaire falsificateur non seulement s’affichait avec des noms empruntés, mais également quelques artifices dont des perruques ou des toupets afin qu’on ne le reconnaisse point. Mieux encore, il ne se déplaçait jamais seul. Les copieux bénéfices qu’il tirait de ses activités lui permettant de se payer les services d’une petite garde rapprochée, mais néanmoins discrète. Si discrète d’ailleurs que j’en avais fait les frais à trop vouloir le contrer seul.

Cet imprévu fit donc le tour de mes commanditaires et de leurs supérieurs et c’est tout naturellement que l’on m’assigna l’aide d’un mousquetaire. Et quel ne fut pas mon étonnement lorsque l’on m’en révéla l’identité. Athos, rien que cela ! Rien qu’à l’énoncer de ce nom, je ne pouvais que deviner dès lors que les actions illégales de ce Monsieur de Fontenay avaient du toucher en haut lieu. Cette aide musclée devait sans doute avoir reçu quelques directives avant de venir à notre rendez-vous, mais je me préparais à l’informer des détails. Du moins s’il le souhaitait. Il arrive que certaines âmes secourables préfèrent tout connaître de l’histoire tandis que d’autres ne se contentent que de savoir qui occire le moment venu, sans plus.

L’heure avait sonné, j’étais paré, mais non fardé cette fois bien que cela eut aidé à dissimuler l’œil au beurre noir dont j’étais affublé suite à cette altercation avec les hommes du dit notaire. Mais inutile puisque cela n’avait rien d’un rendez-vous galant. Mes deux lames dissimulées comme à leur habitude et les cheveux attachés. Cette fois, il y allait peut-être avoir quelques actions à commettre.

Le rendez-vous fut pris dans une taverne, mais de celles où il était possible de discuter sans que personne ne s’inquiète. Et sincèrement, notre cible du jour pouvait bien prendre connaissance de cette entrevue, il n’échapperait pas à son destin.

J’arrivai en avance et commandai un vin léger ainsi que quelques fruits auprès d’une ravissante jeune femme à la chevelure rousse. L’habitude sans doute m’incita à me montrer charmant, agrémentant de fins compliments à une œillade. Mais elle fut plus aimable qu’intéressée. On ne peut gagner à tous les coups après tout.

Le mousquetaire arriva enfin, s’attabla et, allant droit au but, me questionna sur la mission. Il avait dû recevoir les directives nécessaires, mais j’avais effectivement d’autres informations. C’était là mon rôle après tout.

– La petite garde personnelle de ce cher monsieur se compose en tout de six hommes. Un stratège tel que vous ne peut qu’apprécier la disposition prise lorsqu’il en vient à sortir de chez lui, tant défendu par l’avant que par l’arrière, sans compter les deux portant mousquets et se tenant à ses côtés. Mais pas forcément à portée de vue, fis-je pointant le bleuté de mon œil. Par contre, notre homme n’est pas armé. Ni arme à feu ni lame. Pas même un coutelas dans l’une de ses bottes, je puis vous le certifier.

– Seriez-vous allé jusqu’à fouiller ses bottes ?

– Vous seriez surpris, le taquinais-je sans lui révéler ma source.

Celle-ci était pourtant d’une extrême évidence. Non je n’avais pas moi-même partagé la couche de cet homme pour m’en assurer. Juste celle de sa bonne. Préparant elle-même ses habits et l’aidant à se vêtir, qui aurait pu le mieux du monde me confirmer cela ?

La mission était simple du moins en théorie. Prendre le voleur la main dans le sac. Ou plutôt en pleine transaction. Celle-ci se faisant comme à l’habitude chez lui, à discrétion des regards alors qu’il confiait les biens récupérés à l’un de ses acolytes. Un banquier peu scrupuleux s’octroyant dans la foulée quelques beaux bénéfices et fermant les yeux sur les multiples personnalités du cher notaire. Mais cet homme m’était encore inconnu par contre. Nous fixâmes les derniers détails alors que je l’informai des possibilités au niveau de la demeure du cher homme. Puis, sans tarder, nous nous mîmes en marche après avoir réglé notre ardoise.