Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Élémentaire Miss Hudson

Chapitre 16


Thomas sortit l’arme neutralisante de sa veste. Et ce qui était censé me mettre en confiance eut tout l’effet inverse. Si je pouvais le croire sur parole quant au dosage de ses fléchettes, par contre, était-il capable de tirer juste en cas de rencontre. Mais plutôt que de m’interroger sur des sujets si graves, je préférais me montrer curieuse afin d’éviter de céder à la panique, surtout sur ce petit bout de phrase qui lui avait échappé un peu plus tôt. Après tout, il était tout autant probable que nous ne trouvions rien du tout cette nuit, je m’inquiéterais bien assez tôt si ce n’était pas le cas.

– Vous parliez de coïncidences, vous voulez dire qu’il y a un rapport entre cette disparition et autre chose ? Pas le parchemin tout de même.

– Pourtant si. Mais ce serait long de tout vous détailler.

– Pourquoi pas ? Nous avons toute la nuit non ?

– Parce que je voudrais rester concentré.

Autrement dit « pourriez-vous la fermer Miss Hudson ? ». Bien, je demeurais donc sagement là il m’avait placée de nouveau même si nous disposions de plus de liberté ici. Il grattait le sol du bout du pied ici, s’accroupissait afin de vérifier des empreintes par là-bas. Quant à moi, j’étais plantée telle une plante verte, glacée par le gel qui commençait à se former, juste à côté d’une cage aux barreaux épais.

Mis à part les buissons dissimulant cette partie de l’enclos et un mur bien trop haut pour être vus depuis le parcours des visiteurs, il ne s’agissait qu’une d’une étendue plate et vide, faite de terre battue et de rares touffes d’herbes commençant à blanchir. Thomas s’avançait à petits pas vers cette verdure séparatrice, dispersa quelques feuilles avant de rester subitement immobile.

– Élisabeth ?

– Vous n’avez rien trouvé ? Peut-on rentrer à présent, j’ai froid.

– Entrez dans cette cage.

– Heu quoi ? Comment ça la cage ?

– ENTREZ DANS CETTE CAGE ! MAINTENANT !

Il reculait au fur et à mesure que les branches se séparaient d’elles-mêmes. Ou plutôt non, c’était une bête immense qui se glissait vers lui, lentement comme jaugeant de la situation elle aussi. Et cette fois, malgré tous mes efforts, j’y étais arrivée, je paniquais.

Il visa l’animal sans trop de peine vu le peu de distance qui les séparait. À peine deux mètres. J’imaginais aisément qu’au moment où il titrerait, le tigre s’effondrerait, il était impossible qu’il le manque. Un coup de feu étouffé, l’animal gronda, tituba, mais ne tomba pas, il s’approchait toujours au contraire, mais devant alors déployer plus d’efforts.

Arrivé à ma hauteur, figée par la peur plus que par le froid cette fois, Thomas me tira d’un coup sec à l’intérieur avant de refermer la grille prestement. Tant de mouvements, pourtant indispensables, firent rugir puis bondir l’animal dans notre direction. Par réflexe, je me retrouvais presque dans ses bras une nouvelle fois, m’agrippant à la manche de son manteau.

– Vous… l’avez manqué ?

– Non ! Bien sûr que non, mais il faut un délai avant que cela ne prenne effet. En attendant, il est toujours potentiellement dangereux. Ne tremblez pas comme ça, cette cage est à l’épreuve de ce genre de fauve, ici nous sommes en sécurité, acheva-t-il tout en sortant son portable.

Plutôt que d’appeler la police, il prit une photo de l’animal et l’envoya à je ne sais qui accompagné de ce qui semblait être un court message. À l’extérieur de notre cage salutaire, le tigre venait de s’affaisser avant de s’allonger sur le flanc, respirant bruyamment. Quant à moi, mes jambes me tenaient difficilement, je préférais l’imiter d’une certaine façon et me posais sur le sol, assise sur les genoux. Le sol dur et glacé métallique n’arrangeant en rien mes tremblements, mais la situation me fit quasi oublier d’y songer. Seul l’animal, même s‘il s’était calmé, demeurait au centre de mon attention.

– Vous avez appelé la police ? fis-je, claquant des dents à présent.

– Non mon frère. Et avec une preuve en prime qu’il ne s’imagine pas que je plaisante. À l’heure qu’il est, il doit être avec sa copine, il va être ravi de nous sortir de la. Vous avez froid ? s’étonna-t-il subitement, comme réalisant.

– Un peu…

– Un peu ! Vous grelottez ! s’inquiéta-t-il subitement avant de déboutonner complètement son manteau et m’offrant ais la possibilité de me réchauffer en venant me blottir contre lui.

Mais comment font les hommes pour toujours être aussi chauds en toute circonstance ? Tout portait à croire qu’à chacune de nos aventures, j’allais terminer ainsi, dans ses bras.

– Si l’on nous demande ce que nous faisons là, reportez-vous à ce que nous avions convenu plus tôt.

– Ce fameux « désir incontrôlable » ? Ils y croiront certainement s’ils nous trouvent ainsi.

– C’est vrai. Et puis j’ai l’impression que cela ne vous déplaît pas.

– C’est parce que je meurs de froid, n’allez pas imaginer n’importe quoi.

Et surtout pas que vous me plaisez Monsieur Thomas Holmes même si j’ai du mal à le nier.

– Vous pourriez peut être m’expliquer le rapport avec la disparition du British museum afin de passer le temps ?