Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 15


J’avais des fourmis dans les jambes à force de patienter dans cet endroit trop étroit pour pouvoir m’étirer. Et sa petite farce me convainc un bon moment de ne plus lui adresser la parole en guise de protestation. Du moins pas tant que nous serions enfermés. Finalement, il se décida et consentit à ce que l’on en sorte. Enfin !

Son but étant de passer au peigne fin la cage intérieure du tigre ayant disparu. Et d’ailleurs, pourquoi ne pas simplement laisser la police s’en charger ? Quelle idée avait donc eu son frère de l’envoyer ici et dans de telles conditions ? À cette heure et sans en avertir le personnel ! Les enquêtes ne sont plus censées être faites par des professionnels ?

Je me tenais dans l’un des angles morts comme il me l’avait indiqué, n’étant pas vu de la caméra de sécurité tandis que lui comptait les secondes, s’écartant afin de ne pas être vu du gardien de nuit, et ce à intervalles réguliers. Autant dire qu’à chacun de ses mouvements, j’en avais des sueurs froides.

– Que cherchez-vous au juste ?

– Si l’animal a pu ouvrir la porte de lui même.

– Sérieux ? Ce serait nouveau ça.

– Ne sous-estimez pas l’intelligence des félins. Ils sont capables de comprendre le principe de fonctionnement d’une simple poignée. Ce n’est qu’une question de temps s’il est motivé à sortir. Et je me suis renseigné, cet animal y parvenait très bien. Ayant causé de grands troubles dans son zoo précédent. J’aurais voulu voir ça.

– Pas moi. Mais donc, s’il n’a pas été volé, où est-il ?

– Ici.

– Quoi !

– Dans l’enceinte du parc. Il n’a sûrement pas quitté les lieux.

– Ils l’auraient retrouvé non ? Un tigre ne se balade pas en liberté même dans un parc aussi grand sans être vu !

– Les tigres sont bien souvent des animaux ne chassant que la nuit, il lui suffit de se dissimuler le jour. Et la, il a sans doute faim donc, il va bientôt montrer le bout de son nez.

– Sérieusement, vous n’auriez pas pu juste laisser les gardiens lui mettre la main dessus ?

– Et laisser passer une telle occasion ? Jamais ! À trois, venez vers moi. 1… 2… 3 !

J’agissais sans trop réfléchir et lui obéit plutôt que de risquer de rester en plan et enfermée dans ce pavillon. Mais malgré son assurance, il y avait un point non négligeable que je ne n’arrivais pas à me chasser de la tête. Un détail. Une si petite constatation. Oh trois fois rien en fait. Si le tigre était dans le parc, en liberté, préférant chasser le soir et qu’il ait faim, que faisions-nous là, à cette heure avancée dans ce même parc justement ?

– Vous n’avez pas oublié d’évaluer les risques j’espère. Car une bestiole de ce genre en liberté et affamée pourrait rapidement vous y inciter.

– Pensez-vous que je n’ai pas prévu ? Là, vous me décevez.

Il ouvrit le pan de son manteau après en avoir déboutonné le haut, me dévoilant une sorte de petit pistolet coincé dans une poche intérieure.

– Je suis drôlement plus rassurée, fis-je ironiquement, car vu la taille de l’arme, je craignais qu’il ne fasse que blesser la bête et le rendre agressif.

– À voir votre tête, vous ne devez pas comprendre. Il ne s’agit pas d’une arme à feu, mais d’un pistolet à fléchettes tranquillisantes. Et rassurez-vous, les doses sont bien calculées pour un animal de cette taille.

– Où avez-vous déniché ça ?

– Croyez-moi. Vous ne voulez pas le savoir…

Il avait décidément toujours réponse à tout et il est vrai, pour ce détail je ne préférais pas savoir qu’il l’aura sûrement volé quelque part ou trouvé une alternative douteuse pour l’obtenir. Mais me rassurer pour autant fut une autre chose.

Il m’entraîna donc au-dehors, passant par la trappe menant à l’enclos. Depuis les autres cages intérieures, les fauves fatigués relevèrent à peine la tête, l’un d’eux grogna, mais juste pour la forme. Ils avaient l’air d’être si habitués aux hommes que d’en voir deux de plus ou de moins, ne devait plus les distraire.

Qu’en était-il pour celui que nous cherchions ?

Ici aussi, il m’indiqua où me poster afin de ne pas être vue par la sécurité. Puis fouilla les buissons, inspecta jusqu’aux gamelles des fauves. Cela sembla durer des heures et la nuit ne tarda plus à tomber. La température en faisant tout autant. J’avais beau m’être vêtue chaudement, l’inertie et le froid me firent grelotter.

– Vous trouvez quelque chose ? fis-je finalement alors qu’il semblait intrigué par une peluche. Sans doute un cadeau lancé par l’un des visiteurs.

– Je crois oui.

Il renifla le jouet et reprit son air soucieux. Tandis que je m’étonnai de le voir faire. Mis à part une odeur de terre voire de bien pire, que pouvait-il en conclure. Mais nul besoin de lui poser la question, la réponse venant d’elle même.

– Il a été drogué. Et je connais cette substance. Je n’aime pas ça, cela commence à faire beaucoup trop de coïncidences.

Sans hésiter, il vint vers moi et me tira avec lui vers les quelques buissons entourant la zone. Ceux-ci dissimulant une haute clôture séparant deux espaces extérieurs. L’un étant destiné à être dissimulé aux yeux du public.

– Cet espace n’est pas vu des visiteurs. On y mène les animaux devant être mis à l’écart et… voyez. La porte a été arrachée.

J’avalai ma salive de travers. Et ce ne devait pas être d’un simple coup de pied, mais bel et bien d’un terrible coup de patte. Pourtant je n’arrivais pas à me réjouir de sa découverte, car s’il avait trouvé la piste menant au tigre, il demeurait toujours un danger.