Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Élémentaire Miss Hudson

Chapitre 14


Vraiment, je n’aurais jamais cru qu’il allait oser une chose pareille ! En m’y impliquant qui plus est ! Après avoir surveillé un moment les allées et venues des employés du pavillon des fauves, il m’y entraîna sans même trouver de prétexte aguicheur. Et moi, forcément, confiante et naïve, je l’ai suivi.

Ce pavillon était rattaché à l’enclos extérieur. C’est d’ailleurs là que les animaux sont ramenés, passant par de petites trappes, chaque nuit afin d‘être nourris ou, au besoin, soignés. Et effectivement, le tigre en question n’était pas dans sa cage.

– Mais vous êtes fou ou juste inconscient ? Holmes ! N’avez vous pas pensé que nous risquons des ennuis ?

– Je note que lorsque vous êtes en colère, vous ne m’appelez plus par mon prénom, eut-il pour toute réponse. Entrez-la dedans.

– Non !

– Le gardien arrive et s’il nous trouve ici, je vous laisserai lui expliquer ce que nous faisons la toute seule, entrez-vous dis-je.

Heureusement, je n’étais pas claustrophobe, pas de crise de larmes cette fois, mais l’endroit choisi n’est ni plus ni moins qu’une sorte d’armoire destinée au personnel d’entretien et pas plus grande qu’un placard à balais. Heureusement, il y avait tout de même une ampoule, mais de faible intensité. Je tâchai de me calmer, car il avait raison encore une fois, j’étais en colère. Mais il me fallut un moment pour en comprendre la raison. Cette sortie aurait pu être juste… agréable, divertissante. Simplement. Mais c’était sans compter sur les idées originales de Thomas Holmes. Je m’étais déjà retrouvée à proximité de lui, plus qu’en ce moment d’ailleurs, mais les circonstances étaient différentes, je n’étais pas tout à fait dans mon état normal. Et si je me sentais mal à l’aise, lui par contre ne sembla pas du tout s’en formaliser.

– Combien de temps devrons-nous rester ici ?

– Jusqu’à la fermeture.

– Mais l’on va rester coincé à l’intérieur du zoo !

– C’est précisément le but. Notez que je n’en suis pas à ma première visite. J’ai passé toute la journée d’hier à observer les détails du parc, notamment au niveau des caméras de surveillance, afin d’en évaluer les angles morts. Lorsque nous sortirons d’ici, il vous faudra me suivre tel que je vous le demanderai.

– Et si nous nous faisons prendre ?

– Nous inventerons une histoire. Que, souhaitant combler un désir incontrôlable par exemple, nous nous sommes dissimulés et qu’une fois terminé, nous étions tout bonnement enfermés dans le parc.

– Qu’entendez-vous par « désir incontrôlable » au juste ?

Mais forcément, à cette question, il ne répondit pas. Se contentant de me sourire comme ravi de sa petite farce. Je m’apprêtais à lui signaler, voulant sauver je ne sais quel honneur, que ce genre de chose avec lui ne m’intéressait pas du tout, mais dès les premières syllabes, sa main vint se presser sur ma bouche, empêchant tout mot d’en sortir.

– Chut ! On vient ! glissa-t-il à mon oreille.

Le bougre s’était penché et même rapproché au plus près pour cela et je me tenais raidie à n’oser faire un seul geste ni un seul bruit. Me rendant compte au bout de deux longues minutes qu’en fait, personne n’était entré dans la pièce. Thomas Holmes, un plaisantin ?

– Vous sentez très bon, fit-il alors, le nez pratiquement à hauteur de mon cou.

Je ne savais plus très bien si je devais le repousser ou laisser faire les choses. Je devais l’avouer, Thomas possédait un caractère impossible, un tempérament glacial et une façon de faire agaçante, mais je devais avouer qu’au-dessus de tout cela, qu’il pouvait se faire séduisant à couper le souffle. D’ailleurs, n’avais-je pas troqué le héros de mon histoire contre son clone ? Et au fond, il se faisait bien plus tentant en cette minute que repoussant. Je me sentais perdue et plus encore lorsque sa main se posa sur mon épaule, descendant le long de mon bras. Allait-il prendre ma main ? Pour enlacer mes doigts, les mener à sa bouche pour les embrasser avant de goûter à mes lèvres ? Était-il d’un naturel romantique lui aussi, le cachant trop bien ?

Ses doigts fins s’emparèrent de mon poignet, pressèrent doucement l’intérieur alors que mes yeux se fermaient, m’attendant à quelque chose de doux et de nouveau venant de lui. En tout cas, autre chose que ce qui suivit. Le bougre était simplement occupé à prendre mon pouls !

– Est-ce moi ou votre rythme cardiaque à sensiblement augmenté ? Remarquez, cela me flatte.

La suite fut qu’un bruit de tôle se fit entendre, mais heureusement personne ne put en tenir compte vu l’heure et la désertion des lieux. Un peu comme s’il s’agissait du corps d’un homme que l’on repousse au fond d’une armoire en fer, rebondissant contre la paroi.