Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 13


Ni un musée des horreurs ni rien de bien effrayant d’après lui. J’acceptai, mais sans savoir où nous allions puisqu’il voulait garder l’effet de surprise. Parfois je me demandais si derrière cette frimousse si sérieuse et ces analyses poussées à l’extrême, ne se cachait pas juste un petit garçon émerveillé par ses propres jeux, se gardant bien de le montrer au grand jour.

Bien que cela faisait trois jours que la météo annonçait en vain de la neige, le froid piquait tout de même aux narines, me poussant à remonter le col de mon pull sur le bas de mon visage.

– Pas d’écharpe bleue ? fit-il comme pour se moquer.

– Non, ayant emménagé en plein été, je crains l’avoir oublié à ce moment-la chez ma tante.

– Vous ne la voyez pas souvent on dirait. Vous êtes en froid ?

– Non, mais… tout semble aller si vite. Entre les cours et…

– Et vos merveilleux romans, continua-t-il dans la foulée.

– Bien, en fait vous n’aimez pas les romans romantiques. J’ai compris.

– Effectivement, je n’aime pas ces déclamations sans fin sur des états d’âme changeants à chaque chapitre, le tout afin de prolonger l’agonie des protagonistes. Pire encore lorsque dans plus de 90 % des cas, ils finiront tout de même ensemble. C’est une perte de temps de s’y attarder.

– C’est plutôt réducteur ce que vous dites. Il en est ou ce n’est pas le cas.

– Alors c’est pire encore. Trois cents pages afin de n’être pas plus avancés. Nous voici.

Nous nous arrêtons devant le lieu le plus improbable que j’aurais pu imaginer. Le ZSL London zoo. Original pour un réveillon, en effet.

– C’est ici que vous voulez enquêter ?

– Oui. Mais avant pourquoi ne pas s’octroyer une simple visite ? Cela vous dit ?

Et comment !

La journée avait mal commencé, mais prenait une tournure qui me fit oublier ma déprime. Même si Thomas semblait plus occupé à scruter les lieux que les bestioles du zoo, souriant à peine devant leurs mimiques ou les attractions.

– Cela vous arrive de vous dérider ?

– Oh, mais détrompez-vous, je m’amuse comme un petit fou ! m’affirma-til sans rire et sans que je puisse y croire une seconde.

– Mais vous voulez enquêter sur quoi exactement ici ?

– La disparition du tigre de Sibérie.

– Une disparation ? m’esclaffais-je. Cela se saurait si un tel animal avait disparu non ?

– Pas s’il est l’attraction principale et que le zoo ne souhaite pas qu’on le sache.

– Et vous le savez comment dans ce cas ?

– Mon frère est sur l’affaire.

– Ah… oui. Inspecteur Holmes. Comment va -t-il ?

– Bien. Surtout depuis qu’il s‘est trouvé une copine. Il me casse beaucoup moins les pieds. Du moins sur certains sujets.

– Décidément, gardais-je pour moi. Cupidon fait des heures sup de ce côté-là aussi.

– Venez, son enclos est par là-bas.

Effectivement, l’enclos était vide alors que quelques visiteurs s’amassaient devant patientaient puis repartaient déçus. Un gardien vint à passer, je l’arrêtai.

– On ne peut pas voir le tigre aujourd’hui ?

– Non mademoiselle, il est à l’infirmerie, mais dès demain, il sera de retour.

– Vous voyez ? Il a juste une grosse colique si ça se trouve, me tournais-je ensuite vers Thomas.

– Demain le zoo sera fermé. C’est jour férié, ce type vous a répondu ce que vous vouliez entendre.

– C’est clair que cela passe mieux qu’un « désolé, on nous l’a volé, mademoiselle ».

– Disparu, pas volé.

– Comme pour le parchemin du British museum ? m’amusais-je tout en imaginant le même tour de passe-passe. Bien que je plaignais ce pauvre animal s’il avait fini ses jours de la même façon. Mais Thomas ne répondit rien, il observait la place vide et semblait soucieux.