Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 12


James. Quel soulagement que ce ne soit pas qui que ce soit d’autre. Hormis le gardien qui s’était fait étrangement discret dès le début. Il nous expliqua tout en prélevant un échantillon de l’eau du bain que ses cours avaient été reportés. Et que tant qu’à faire, il nous avait rejoints. Et je ne pus encore une fois que m’étonner. Étudiant en médecine certes, mais il se promenait souvent avec des tubes à essai vides sur lui ?

Autre fait étrange qu’il nous rapporta, le gardien en question lui jura que nous, enfin non, mieux encore, moi-même, lui avais demandé d’actionner les effets spéciaux contre quelques dizaines de livres. Et je lui aurais téléphoné pour cela. Moi qui n’ai pas même le numéro des lieux !

Encore un mystère qui aura tôt fait de faire jubiler notre enquêteur en herbe. Mais malgré l’interrogatoire, il s‘avéra que l’employé ne mentait pas, il était bel et bien persuadé de ce qu’il avançait. Ses investigations piétinèrent. Autant dire que l’humeur de Thomas se fit sombre durant un bon moment. Mais d’autres mystères ou enquêtes occupèrent ces messieurs très vite.

Nous étions arrivés à la veille du réveillon de Noël et je me sentais d’humeur boudeuse. Bien que je ne me faisais plus d’illusions, j’espérais que pour une fois, allez savoir, j’aurais pu profiter de ces moments lors d’un vrai un repas de famille. Même si nous ne serions que trois, mes parents et moi. Mais ils n’étaient même pas à Londres en cette période. Tante Molly le passait chez des amies de sa génération, opportunité que j’avais mise en dernier recours sur mon agenda. Quant à Mary, depuis que James avait quitté la capitale afin de passer ces quelques jours de congé ainsi que les fêtes avec son frère, silence radio total. Il ne me restait plus qu’une carte à jouer afin d‘éviter de passer cette soirée seule. Thomas.

Il ne m’avait fait aucune confidence sur ses projets, mais à entendre le bruit de ses pas au-dessus de ma tête, il était bel et bien chez lui. Je demeurais assez confuse à son sujet. Surtout envers ce qu’il pensait de moi. Il n’avait pas hésité à me sauver en quelque sorte le jour du braquage de la supérette, s’était arrangé pour que nous dînions chaque soir tous les trois avec James, s’était presque montré d’une épaule secourable lors de ma crise de panique dans la chambre des tortures et pourtant, depuis que son ami était parti, il m’évitait. Il partait manger dehors ou je ne sais où. Bref, alors que nous aurions pu passer quelques jours en tête à tête, ce qui m’aurait peut être permis de faire plus ample connaissance, au calme, j’avais hérité d’un voisin fantôme.

Mais je ne m’avouais pas vaincue et préférais amplement passer le réveillon avec mon borné de voisin, même s’il préférait ses enquêtes et son blog que seule dans mon studio. Je profitai donc de sa présence afin de monter le voir et frappai à sa porte. Entrant lorsqu’il m’y autorisa.

– Bonjour, Élisabeth, fit-il, me tournant le dos comme toujours, le nez sur son ordinateur.

– Non, vous vous trompez, ici c’est le fantôme des Noëls futurs. Vous allez bien ?

Je remarquai un léger mouvement d’épaules, sans doute l’avais-je amusé. Il prit encore une minute à terminer ce qu’il faisait puis enfin se tourna vers moi.

– Je suis étonné que vous ne soyez pas partie vous aussi.

– Ah ? Vous ne l’aviez pas deviné ? le taquinais-je.

– Vous avez de la famille à ce que je sache et à moins d’être en froid avec eux ou qu’ils ne vivent à l’étranger. Mais j’avoue ne pas m’être penché là-dessus.

– Vous préférez toujours vous questionner sur ma couleur préférée.

– Effectivement. Ainsi que ces deux lettres qui figurent autour de votre cou. Élisabeth. E. Jusque la, c’est logique, mais ce M ? J’aurais compris s’il avait été question de la lettre H comme Hudson. Bien qu’il soit rare que l’on porte l’initiale de son nom de famille sur ce genre de bijou. Matthew ? Michael ? Un ancien petit ami ?

– Oh non, pas du tout. Mais laissez tomber pour le M, je préfère.

– Mmm… je trouverai. Qu’est-ce qui vous amène ?

– En fait je… je passais voir si vous aviez quelque chose de prévu pour le réveillon. Si vous vouliez dîner seul. Vous ne fêtez pas Noël ?

– Non. Ce n’est qu’une journée comme une autre. Pire encore, une fête hypocrite, juste destinée à remplir les bourses des marchands de jouets. À moins d’être un enfant, cela n’a pas vraiment d’intérêt. Et, à ce que je sache, je ne suis plus un gamin.

– Bon, OK. Et pour un dîner ? J’ai l’impression que depuis que James est chez son frère, vous m’évitez.

– Du tout ! s’empressa-t-il un peu vite de répondre avant de me tourner de nouveau le dos. Mais je crains d’être de triste compagnie.

– Je vous assure que je m’en contenterai.

– Inutile, vous devriez rapidement téléphoner à votre tante afin qu’elle vous réserve un couvert. J’ai à faire de toute manière.

– Comment savez-vous que ma tante… oh et puis non, laissez tomber.

À quoi bon. Tout portait à croire qu’il n’y tenait absolument pas. Je retournai donc chez moi, non plus boudeuse, mais déprimée. Et c’est lorsque j’en vins à me décider à composer le numéro de tante Molly que l’on vint frapper à la porte, j’allais ouvrir, c’était Thomas.

– Si je vous promets qu’il n’y aura ni scène d’horreur ni sang réel et moins encore d’arme à feu, vous m’accompagneriez ?