Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 10


– Watson ! Nous avons une énigme à résoudre ! s’exclama Thomas alors que nous étions en pleine conversation, thé et gâteau posé devant nous, attablé dans la cuisine.

– Magnifique, répondit James si bas que ce ne devait être adressé qu’à nous. Sérieusement, en ce moment, ce ne sera pas possible, j’ai vraiment du boulot. Les dernières affaires m’ont mis en retard.

Je devais vraiment passer pour la roue de secours à ses yeux puisque Thomas se tourna naturellement de mon côté ensuite.

– Moi aussi ! m’empressais-je de répondre.

– Tu es sûre ? me prit de court Mary. Nous avons fini notre étude, et mis à part des lectures obligatoires mille fois relues, il n’y a rien de spécial en ce moment.

Elle m’adressa un clin d’œil discret qui me fit comprendre ou elle voulait me mener. Mais une enquête avec lui n’avait rien d‘un rencart, elle ne devait pas vraiment s’en rendre compte.

– Bien, alors je passerai vous prendre lundi soir.

Lundi. Mais pas un lundi tout à fait innocent. Le lundi 31 octobre ! Jour d’Halloween. Quoi de mieux pour une scène d’enquête située, ni plus ni moins au…

– London Dungeon ! C’est… une blague ? fis-je alors que Thomas m’annonça où il comptait m’emmener.

– Absolument pas. Oh… je vois. C’est Halloween et… non rien à voir. Vous êtes prête ?

– Prête à tout, oui.

En chemin, nous croisions deux groupes d’enfants déguisés, chaperonnés par quelques adultes. Et si le premier nous contourne bruyamment, le second stoppe net devant nous, le fixant lui en particulier. Certains se hasardant à tendre leur sac de papier.

– On mange ou on s’venge, font deux ou trois en chœur sous l’œil attendri de ce que je supposais être leurs parents.

Et alors que je m’apprêtais à répondre que nous n’avions hélas aucun bonbon sur nous, Thomas se pencha vers le plus téméraire d’entre eux, celui étant à la tête du groupe.

– Et pourrais-tu m’expliquer comment tu parviendrais à te venger si je ne te donne rien ? Hum ?

– Heu… Thomas, ce n’est qu’un enfant, interférais-je, le tirant par le bras afin de l’en éloigner.

– Ce n’était qu’une question.

– Oui, mais qui sait ce qui aurait pu vous passer par la tête, il n’avait peut être pas l’âge adéquat pour être repris sur le choix de son costume ou le divorce de ses parents.

– Vous aviez donc remarqué ?

– Remarqué ? répétais-je.

– Oui, au moment où l’enfant s’est approché, l’une des femmes de la troupe a eu un léger mouvement vers l’avant. Réflexe typiquement protecteur pour une mère. Manifestement, elle était la seule venue sans son époux. Les autres étaient tous des couples…

– Oui oui…

En fait non, je n’avais rien vu de tout cela forcément. Mais je me retrouvais de ce fait et sans vraiment avoir calculé ce geste, pendue à son bras à l’éloigner de ces innocents, et ce, jusqu’à la bouche de métro. De son côté, il ne sembla pas s’en offusquer ou vouloir s’en défaire. Peut-être voulait-il éviter de me contrarier ou bien même s’en moquait-il au final.

Station Waterloo. Nous étions à quelques rues à peine et vu l’heure, nous arriverions bien après les visites officielles. Nous entrons dans une sorte de cour intérieure située au centre d‘un bloc de hautes bâtisses. Comme pour le British museum, il nous annonça au gardien comme étant attendus, mais on lui répondit que vu la date, personne n’était resté pour nous recevoir. Malgré tout, il nous laissa entrer, nous demandant d’attendre afin qu’il appelle un responsable.

– Et sur quoi se porte l’enquête cette fois ? demandais-je.

– Oh cela va beaucoup vous plaire. On dit que l’endroit est hanté.

– Et un esprit aussi cartésien que le vôtre s’est déplacé pour quelques fantômes ? m’amusais-je.

– Non, justement je suis venu pour démontrer qu’il n’en est rien. Et puis, je dois avouer que je m’ennuyais fermement ces temps-ci, il me fallait quelque chose à me mettre sous la dent. Alors pourquoi pas.

Le temps passait et le gardien ne daignait pas revenir, ce devait faire presque une demi-heure qu’il nous avait laissé en plan.

– Je serais d’avis de ne plus l’attendre plus longtemps et de commencer la visite.

– Et s’il revient ?

– Au pire, il nous retrouvera plus loin.

Mais le voilà déjà engagé en direction de la première salle d’exposition. Je le suivis. Apparemment, un trajet était prévu afin de convenir à une visite guidée. J’avais déjà entendu parler de cet endroit, mais sans jamais y mettre les pieds. Bizarrement, les trucs glauques ne me tentaient pas vraiment.

– Les faits ont eu lieu vers la fin de la visite, nous devons donc suivre le parcours.

Tout ici était décidément étudié pour vous donner des frissons d’effroi. Encore heureux que nous n’avions droit ni aux effets sonores ni aux comédiens chargés de nous mettre dans l’ambiance. Mais aurais-je dû me retenir d’y songer ? La porte que nous venions d’emprunter se referma derrière nous, claquant comme prise dans un courant d’air pourtant inexistant. À peine le temps de nous jeter dessus que les lumières s’éteignent.

– Coupure de courant vous croyez ? fis-je, espérant qu’il se fera rassurant dans sa réponse.

– Peu probable, répondit-il tout en tentant une dernière fois d’ouvrir la porte. Elle est verrouillée.