Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 3


Et pourtant, malgré tout, James Watson et son acolyte emménagèrent avant la fin de la semaine. L’entrée de l’immeuble était littéralement envahie de cartons, la plupart contenant des livres ou des revues sérieuses. À croire que je ne devais pas être la seule à aimer m’y user les yeux. Et alors qu’ils étaient occupés à décharger, je cédai à la curiosité d’en découvrir quelques titres. M’attardant sur l’une des boîtes portant les initiales T et H. Ils n’appartenaient certainement pas à James.

Enquêtes criminelles, les dossiers classés Tome 1, 2 et 3. Assassins et tueurs en série au 21e siècle. Waw ! Que de la lecture de choix à lire avant de se coucher histoire de passer une bonne nuit remplie de doux rêves ! J’osais espérer qu’il ne dénigrait pas mes préférences l’autre jour, car les siennes étaient plutôt glauques.

– Il est étudiant en criminologie. Les affaires de ce genre le passionnent, fit une voix derrière moi. Mais par pitié, ne touche pas à ses affaires, il a horreur de ça et péterait un câble s’il te voit faire, continua James tout en tâchant de monter l’un des contenants.

Je remis donc bien en place les ouvrages et préférai rejoindre ledit amateur de scènes de crimes près de la camionnette louée pour le déménagement.

– Bonjour ! Vous vous êtes finalement décidé ? fis-je comme entrée en matière.

– C’est gentil de nous donner un coup de main, enchaina-t-il sans même une salutation. Décidément, ce devait être en option chez lui.

– Non, cela m’a l’air bien trop lourd pour moi tous ces... livres, fis-je prenant le même air déductif que lui l’autre jour. Parce que ce sont bien des livres n’est-ce pas ?

– La plupart des caisses ne sont pas scellées et la curiosité est un vilain défaut, répondit-il, mettant à mal ma tentative d’esbroufe. Par contre, voudriez-vous nous faire du thé pour lorsque l’on aura fini de décharger ?

Je me préparai à refuser lorsqu’il y ajouta les mots magiques « s’il vous plaît ». Après tout même si ce T.H. ne se montrait pas très agréable, au moins James lui méritait une petite pause réconfortante.

– Vous savez que vous ne vous êtes pas encore présenté ? Je ne connais même pas votre nom.

– Vous n’êtes donc pas si curieuse que ça. Ni très consciencieuse pour un syndic intérimaire. Vous n’avez pas même lu le bail. Connaissez-vous au moins les normes de sécurité ? Holmes, Thomas Holmes.

Je tâchai d’ignorer sa petite remarque, me demandant sincèrement s’il était juste trop direct ou simplement désagréable.

– Et pour ce qui est de la pièce qui vous manque ? Vous allez pouvoir survivre sans ?

– Non ! Mais votre tante me permet d’employer le sous-sol. Apparemment personne ne souhaite le louer vu son état. D’ailleurs, j’aimerais le voir tout à l’heure. Enfin, si cela ne vous ennuie pas bien entendu.

Je grimaçai légèrement. À vrai dire je comptais un peu dessus, y ayant entreposé quelques affaires encombrant mon studio. J’allais devoir m’arranger avec lui pour qu’elles y restent. Du coup, cela s’annonçait comme une raison supplémentaire de ne pas lui refuser un simple thé, je le laissai donc empiler ses affaires pour m’affairer dans leur cuisine.

Ou plutôt, tâcher de m’y frayer un chemin.

– Vous avez une bouilloire électrique ? Une théière ? Du thé quelque part ? demandais-je à James qui se démenait pour trouver une place à chaque chose.

Et a voir tout ce qu’ils tentaient de faire entrer dans cet appartement, jamais ils n’auraient suffisamment de place pour tout ranger ! Heureusement, ce garçon avait de la méthode et m’indiqua un carton posé sur la table. Pauvre mobilier datant des seventies, il n’avait sans doute plus connu un tel surpoids depuis des années. Sur ma lancée et attendant que l’eau soit prête, je me proposai de ranger leurs provisions.

Enfin, Thomas Holmes remonta les derniers cartons qu’il laissa, disséminés un peu n’importe où, s’empressant de fouiller dans ceux apportés plus tôt.

– Où est le portable ? fit-il au bout de quelques secondes de recherches.

– On ferait mieux de ranger un maximum de chose avant de s’y remettre, fit la voix de la raison.

– Non, les déménagements m’ennuient, j’ai besoin de passer à autre chose. Et puis Miss Hudson peut te donner un coup de main non ?

Je faillis m’offusquer de nouveau qu’il le commande avec autant de certitude plutôt que de le proposer. D’ailleurs aurais-je accepté ? Mais le sourire qui suivit me fit hésiter. Quant à James, il sembla étonné de cette demande, surtout après m’avoir dit qu’il n’aimait pas que l’on y touche à ses affaires.

– Mais peut-être ai-je un merveilleux roman qui m’attend chez moi.

– Et que vous n’auriez pas lu plus de dix fois déjà ?

Encore une fois, il marqua un point sur mes fréquences de lecture. Mais d’où sortait-il ça ? Étais-je si prévisible ? Ma tante avait-elle été bavarde à mon sujet ? C’en était frustrant. De toute façon, j’étais tombée en panne d’inspiration au milieu du chapitre quinze alors autant m’occuper. Je servis donc le thé alors qu’il entonnait un cri victorieux, retrouvant son ordinateur portable.

– Vous avez le Wifi ici ?

– Heu oui, hésitais-je à répondre.

Il n’allait tout de même pas me demander ma clé ! Et pourtant si. Et un nouveau « s’il vous plaît » si convaincant ensuite m’empêcha tout comme le premier à refuser.