Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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La cavale - 3


Alexandre.

Nous attendions ce Jean-Pourri, quel nom affreux, depuis chez la dame qui nous avait recueillis. Elle nous avait donné à boire, mais l’eau était si trouble que cela ne m’encouragea guère. Angèle par contre en but tout un gobelet. Elle s’était finalement endormie, la tête sur mes genoux alors que nous nous étions installés sur un vieux coffre de bois couvert d’une couverture sale dans un coin de la pièce.

Je lui avais donné mon nom et affirmé que Père leur offrirait sûrement une récompense, pensant que cela les motiverait à nous faire ramener plus vite. Quant à Angèle, je la fis passer pour ma sœur. Deux hommes arrivèrent enfin pour nous ramener, l’un prit mon amie dans ses bras, l’autre m’agrippa le bras comme s’il craignait que je m’envole, je tentai de m’en libérer, mais sa prise se fit plus douloureuse.

– Vous me faites mal ! me plaignis-je.

– La ferme ! Sinon ce sera pire. Et pourquoi il dort pas celui-là ? se tourna-t-il vers la femme.

– Il refusé de boire.

– Sale gosse de riche. L’eau n’était pas assez pure pour monsieur ? se moqua-t-il.

Boire ? Dormir ? Elle l’avait empoissonné !

– Lâchez-moi ! hurlais-je tout en me débattant, mais je terminai malgré moi sur l’épaule de cet homme qui semblait se moquer de mon mécontentement tout autant que de sa première chemise.

– Hé ! Et mon argent ? se plaignit alors la brave dame qui nous avait trahis sans aucun remords.

– Quand on aura la rançon des parents. Ils t’ont dit quelque chose là-dessus ?

– C’est les gosses d’un certain de Monllieu, c’est un nom de noble ça.

– Les deux ? fit celui qui tenait Angèle. Dommage, la p’tite aurait fait un bon prix en la vendant à un bordel. Plus elles sont jeunes, plus ça paie.

Il était des mots que je n’étais pas sensé connaître ou tout du moins en connaître pleinement le sens, mais celui-ci faisait partie de ceux qui devaient être parmi les pires. Un endroit où les femmes pouvaient être souillées. Je ne comprenais pas très bien, mais c’était amplement suffisant.

– Notre père va vous tuer si vous la touchez ! menaçais-je afin de leur faire perdre ce genre d’idée.

– Ton père paiera sinon il n’y a pas qu’elle qu’on va toucher marmot !

Il posa sa main sur ma bouche afin que je ne puisse plus me plaindre et j’avais beau tenter d’en mordre la paume, je n’y parvenais pas. Au bout d’un moment, finalement, je me calmai. M’enfuir seul, c’était la laisser entre leurs mains et sans savoir où ils l’emmenaient de toute manière.